Tour du Massif des Falaises

Je me lève, samedi matin, 6h00 AM, il fait noir, je m’habilles, déjeunes, mon sac est déjà prêt.

Mon chum se lève 6h45, il me dit, ouins, t’es courageuse, moi de répondre, oui…

Ça ne me tente plus, j’embarque dans l’auto, c’est un peu frais, je me dis, pourquoi, je fais ça donc ?  Ah oui, c’est parce que j’aime ça courir en groupe moi. Je m’en vais dans le Nord de Montréal courir un 10K en sentier montagneux à Prévost à la course du Tour du Massif des falaises. J’y vais seule, je suis donc dans ma voiture, il est 7h10, sur l’autoroute 15 Sud, la chanson “Hard road” de Sam Roberts joue à la radio, puis je me me sens soudainement vraiment heureuse d’aller courir par un si beau samedi matin ensoleillé. “Life is how you live it through time through time and there’s no desert sun that is hard enough to feed your fire…” C’est le bonheur…

Puis je pense à ce gars, qui s’est acheté un billet d’avion pour Vancouver et qui a fait le 50K trail de Squamish et je me dis, lui il est courageux, pas moi :-), c’est juste 10 kilomètres. Aussi, ces épreuves ne sont rien en comparaison de celles que des gens doivent affronter, sans les avoir choisies. Évidemment, le Courage avec un grand C, n’est pas celui dont je parle ici.

Aujourd’hui, je veux tester mon genou et savoir quand la douleur apparaîtra. J’ai décidé d’y porter attention afin de savoir si elle apparaît dans les montées ou les descentes et après combien de kilomètres de course.

En préparation pour la course Xtrail Asics d’Orford, je suis un peu inquiète de mon genou gauche. Je vais y aller aux sensations, je soupçonne les descentes d’être un peu plus dures sur mon genou. J’ai tendance à dévaler les descentes en faisant de très grandes enjambées, j’aime vraiment la sensation de flotter lorsque je dévale un pente descendante. Je commence à voir que certains des ultra-marathoniens dont je lis les blogs suggèrent d’y aller avec de petits pas dans les descentes pour économiser les genoux, donc de là peut-être mon problème.

Cette course n’est qu’à une heure de Montréal, comparé à ma dernière course au Défi du Parc de la Mauricie, c’est beaucoup mieux. D’ailleurs, le Défi du Parc était une course de 10K en sentier forestier, ce qui m’avait un peu déçu. Pour cette course des falaises il est bien écrit sur le site Internet qu’il ne s’agit pas d’un sentier forestier (de type 4 roues) mais bien d’un sentier en forêt de type randonnée.

Il y a des participants qui feront le 25K, d’autre le 50K. Le 50K est très corsé avec une dénivellation supérieur à 2500 mètres. Le 10K quant à lui a un dénivelé positif de 400 mètres, en comparaison, le Xtrail Asics de Orford en aura 618.

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J’aurais aimé faire le 25K mais ce ne serait pas sage, je vais essayer de me retenir avant d’augmenter mes distances, attendre d’avoir plus de millage dans les jambes et y aller progressivement. Aussi, attendre mon genou qui ne veut pas suivre pour l’instant.

En arrivant, je ne connaissais personne, le stationnement étais juste à côté du départ, il y avait une facilité d’accès extraordinaire, pas de trafic, assez de places de stationnement et même, une vrai toilette chez Subway 🙂 (shut, faut pas le dire).

Vers 8h30, j’ai assisté au départ du 25 et 50K, ça m’impressionne de voir ces coureurs partir pour de si longue distance. Il y avait parmi eux, Sophie Limoge, la présidente d’honneur du tour du massif des falaises 2013 qui revient tout juste d’une course au Mont Blanc ou elle a terminée 7ème, tenez-vous bien, au 120K en 20h52. Hum, ça c’est courageux…

Vers 9h00, c’est mon départ au 10K, une chance que je suis arrivé d’avance, j’étais certaine que le départ était vers 9h30, mais j’ai confondu avec la marche 10K. Il y a une marche 10 et 17K, donc vraiment le fun et accessible pour ceux qui préfère ne pas courir.

Donc c’est un départ vers 9h00, j’avais oublié de mettre mon dossard, mais j’avais ma puce sur mon soulier, j’ai demandé a un responsable, il me dit qu’il n’y a pas de problème, que je peux courir qu’avec la puce.

Au démarrage, ça débute par une montée très à pic dans la montagne, les gens sont lents, ils marchent, c’est difficile de dépasser, il y a beaucoup de monde, c’est difficile aussi de courir vu la pente abrupte mais à un moment donné, je me dis, j’aimerais bien courir un peu quand même… Je finis par dépasser quelques personnes puis j’arrive a finalement débuter la course. La course est assez corsée (selon mes standards naturellement), 400 mètres de dénivelés, ce n’est pas énorme, mais ce n’est pas rien non plus. On s’économise un peu dans les montées, beaucoup y vont de la marche rapide. J’observe mon genou, combien de temps cela va-t-il prendre avant que je commence a ressentir de la douleur. Au troisième kilomètre, je sens le genou qui a de la difficulté, je me dis que je ne pourrai pas courir 10K avec ce genou. Puis je me parle, je me dis, c’est juste une inflammation, pour l’instant, rien d’alarmant, je me calme et réussi à penser à autre chose qu’à la douleur.

On monte, on monte puis on monte encore, un gars dit on récupère ici pour être plus fort tout à l’heure. J’en suis a donner mon maximum en marche rapide d’une pente très raide, hum, je me dis à chacun son type de récupération. Moi c’est après la montée que je commence a récupérer, je me sens littéralement flotter au dessus de la piste du 4ème au 7ème kilomètre. Quel sentiment enivrant de liberté que de courir dans les sentiers montagneux. Je suis enfin réchauffé, je ne sens plus aucune douleur au genoux pour ces 3 kilomètres. Puis arrive les flaques de boues et d’eau, les gens font attention de ne pas se mouiller, moi je décide de passer direct dedans, c’est rafraichissant, de l’eau froide à mi-cuisse, soulageant mon genou qui recommençait à me dire d’arrêter de courir. Ça me donne un second souffle pour les 2 derniers kilomètres.

Au dernier 2 kilomètres, les montées me semble un peu plus dures. Il y a une fille derrière moi, je lui dis, si tu veux passer devant vas-y, elle me dit non, c’est bon comme ça je te suis. Il y a un homme devant moi et petit à petit, je suis en train de le perdre. Finalement, la fille me dépasse, et je la perds aussi, incapable d’accélérer davantage. Mais au final, je suis très contente de mon temps de 1h17. J’ai terminé 4ème dans mon groupe d’âge, 17ème sur 64 femmes et 57ème au général sur 133 participants. Il y avait donc aussi des coureurs derrière moi.

10K tour du Massif des Falaises

J’ai mis de la glace sur mon genou après la course. Il ne faisait pas mal tout de suite après la course, mais une fois refroidi c’était autre chose. J’ai parlé avec Sophie Limoge, chiropraticienne chez clinique Action Sport Montréal et ultra-marathonienne. Elle n’a pas eu de difficulté a diagnostiquer chez moi le syndrome de la bandelette illio-tibiale. Il va me falloir m’en occuper et guérir si je veux pouvoir poursuivre mes activités de course. Sophie m’a parlé de possibilité de “taping” pour traiter ce syndrome.

J’ai ensuite parlé avec un homme qui a terminé le 25K en 2h27. Calcul rapide, à mon rythme à moi, ça me prendrait un minimum de 3h20 pour faire le 25K, hum, ça me donne une idée de sa vitesse. Il me dit que les derniers kilomètres étaient difficiles et qu’il n’en aurait pas fait plus. Il me disait que le plus dur etait de rester concentré pour ne pas s’accrocher les pieds dans les roches et les racines. Avec la fatigue, on se traîne un peu les pieds, cela devient d’autant plus difficile d’éviter les obstacles. J’imagine la difficulté à courir de nuit lors d’un ultra-marathon avec la fatigue accumulé et la noirceur, ce doit être tout un défi.

Après la course, j’ai rencontré quelques coureurs dont 2 gars qui feront aussi le le Xtrail Asics de Orford. J’ai discuté avec Sébastien Côté directeur de la course Harricana de Charlevoix. Je me demandais pourquoi il ne faisait pas cette course lors de la fin de semaine de la fête du travail plutôt que la fin de semaine suivant celle-ci. Il m’a expliqué qu’il est beaucoup plus facile de trouver du support à l’événement en dehors de la période de la fête du travail puisque cette fin de semaine en est une de haute saison touristique dans Charlevoix. Donc puisque la fin de semaine suivante est plus tranquille en événement touristique, il est plus facile d’avoir du support et l’hébergement est aussi moins cher pour les coureurs. J’aimerais vraiment y participer l’an prochain. J’avais rencontré Sébastien lors de la course en trail de la clinique du coureur au Lac Beauport en juin dernier et il m’avait déjà invité à participer. Ça me tentait vraiment beaucoup cette année, mais je pense encore plus l’an prochain. J’ai d’ailleurs lu de bons commentaires au sujet de cette course sur ce blog.

Enfin, cette course m’a rassurée par rapport à Orford. Suite à la course du défi du Parc, j’avais eu des craintes par rapport à Orford. Mais la course du défi du parc étant une course dans un chemin forestier, ce n’est pas du tout le même type de course, on garde un tempo plus rapide que dans un sentier. Je l’avait couru au rythme de 5min.29 du kilomètre. Ce n’est pas très rapide si je me compare aux coureurs expérimentés qui cours facilement en dessous de 5min. du kilomètre, mais pour moi qui débute, c’est assez bon (encore une fois, selon mes standards :-). J’avais donc terminé la course essoufflée et contente de franchir l’arrivée. La course en sentier tel que le massif des falaises me convient mieux car plus du type intervalle avec un rythme généralement plus lent (dénivelé oblige). J’ai terminé celle-ci avec une moyenne de 7min.47 du kilomètre et en dehors du genou douloureux, j’aurais bien aimé faire quelques kilomètres additionnels. Cette course a donc été une parfaite préparation pour Orford et m’a rassuré au sujet de mes capacités au 10K en montagne.

Bref, une superbe journée, plein de gens le fun. J’invite les coureurs et marcheurs a y participer. De plus, cette course  a lieu en guise de financement pour la protection de ces superbes sentiers. Raison de plus pour y participer, ils sont un trésors à découvrir et à conserver. Je veux d’ailleurs remercier l’organisation, si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter leur site Internet ou les suivre sur Facebook.

Sur cette photo, Sophie Limoge en compagnie de Dominic Melancon un des co-organisateurs.

Sophie Limoge et organisateur

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6 commentaires

  1. Benoît Brissette dit :

    Coucou!

    Je comprend vos sentiments faces aux sentiers des Falaises. Étant résident de Prévost et coureur de Trail, ces sentiers sont mon terrain de jeux et j’y coure à tout les jours pour le plaisir et l’entraînement.

    La nature y est belle et elle regorge de plusieurs dizaines de kilomètres dont vous n’avez de cesse de découvrir!

    Au plaisir de vous voir à Orford ou à Charlevoix l’an prochain!

    Benoît Brissette

    1. Julie Cloutier dit :

      Merci Benoît, je ne manquerai pas d’aller explorer tous ces autres kilomètres. Ce parc est vraiment un joyau pour les résidents, je comprends que plusieurs s’impliquent pour le conserver. Au plaisir de se voir à Orford prochainement.

  2. Dominic Melancon dit :

    Bonjour Julie

    Je suis l’un des co-organisateurs de l’évènement. C’est moi que l’on voit sur votre dernière photo avec Sophie Limoges… Je suis vraiment heureux que vous aillez apprécié votre expérience sur notre 10km! Ceci dit, la table est mise pour une participation à la Traversée du Massif (25km) l’an prochain? Encore une fois merci de nous aider a préserver ce lieu magnifique
    Au plaisir

    Dominic

    1. Julie Cloutier dit :

      Merci Dominic pour ton implication dans cet événement qui fait vraiment beaucoup d’heureux. Hum, un 25K à la Traversée du Massif l’an prochain, de quoi me faire rêver. Je fais le demi-marathon des micros-brasseries le 10 novembre, ce sera un bon test pour une distance plus longue que je n’ai jamais parcourue encore. Je verrai si je peux progresser vers le 25K en trail par la suite.

  3. Équipe UTHC dit :

    Bravo pour la performance et merci de faire la promotion du trail running sur votre site web.

    1. Julie Cloutier dit :

      C’est un réel plaisir.

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