Post-Xtrail Mont Sutton

Je ne commencerai pas cet article de blogue de la même manière que j’avais commencé celui nommé Post-Xtrail Asics Orford écrit l’an dernier.

Surpenament facile ne serait pas le bon choix de mots pour résumer le Sutton Xtrail 22KM. Aussi, je pense que je ne réussirai pas à clarifier quelle est la distance réelle de cette course. Ma montre me donne 19KM, Quidchrono qui en donne les résultats les donne sur 22KM. Sur le site Internet de la course, on mentionne parfois 21, parfois 22 ou encore 23KM. Bref, ceci restera un mystère. Même le dénivelé est censé être de 1500 mètres, mais je n’en suis pas tout à fait certaine. Mais en tout cas, c’est long pis c’est haut.

Souriante à l'arrivée
Souriante à l’arrivée
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Parcours Xtrail Sutton 21KM.

C’est temps-ci, je suis en train de lire le livre Courir au bon rythme 2 de Jean-Yves Cloutier et Michel Gauthier. Ce livre s’adresse à des coureurs qui courent depuis plus de 2 ans. Au début du livre, il est écrit “Deux ans d’entraînement vous laissent dans une forme que vous n’avez probablement jamais connue auparavant (ou que vous avez connue il y a très longtemps !). … Votre appareil musculosquelettique est capable de plus grands efforts à moindres coûts, alors que votre système cardiovasculaire est devenu beaucoup plus efficace et performant.

Ceci décrit exactement comment je me sens en ce moment. En fait, je suis estomaqué de ce que le corps humain peut accomplir. Comment il s’adapte et devient de plus en plus efficace lorsqu’entraîné adéquatement. Je regarde en avant et je ne vois pas encore de limite et ça m’inspire et me motive à continuer de m’entraîner. Je n’en suis qu’à mes débuts, je cours depuis seulement 1 an et demi, je ne suis pas très vite ni très expérimenté, je n’ai jamais couru la distance d’un marathon, mais je ressens de plus en plus que mon bagage de course supporte mes efforts de plus en plus grands. C’est un sentiment extraordinaire, difficile à expliquer à quelqu’un qui ne l’a pas expérimenté. Je crois que plusieurs coureurs doivent l’avoir vécu et le vivre tous les jours. Je ne suis pas naïve au point de penser que ce sentiment est éternel et qu’il n’y aura pas d’écueils sur le chemin ni de mauvaises journées ou de contre-performances. Cependant, en ce moment, je me sens pleine de gratitude de pouvoir courir, de pouvoir courir longtemps dans de très beaux sentiers et surtout de pouvoir le faire sans douleurs ni blessures.

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On était tout propre avant le départ !
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Après la course, le dossard un peu usé !

Les sentiers du mont Sutton sont superbes, on m’avait dit qu’ils étaient très techniques, je n’avais pas pris la mesure de ce que ça impliquait avant d’avoir commencé à descendre au travers des roches et racines samedi dernier. Avec la pluie et la boue, ça n’a pas simplifié la tâche.

Souriante au sommet
Souriante au sommet

Donc, je ne qualifierai pas la course Xtrail de Sutton comme étant surpenament facile, mais je peux affirmer que c’était moins difficile que je l’appréhendais. Tout au long du parcours, je me disais wow, je me sens bien, wow, c’est super le fun ! En fait je m’attendais à souffrir tout au long et ce ne fût pas le cas. Bizarement, j’appréhendais tellement la difficulté du parcours que j’avais oublié que je cours pour le plaisir et qu’il était certainement possible que j’ai vraiment du fun tout au long de la course. Peut-être que je n’ai pas souffert autant qu’anticipé dû au fait que c’est très pentu et qu’il y a de grandes sections où je n’ai pas pu courir. En fait je trouve moins “souffrant” de gravir une pente très à pic qui n’en finie plus en “Power walk” que de courir dans une pente moins à pic à la limite de mes capacités. Donc, je n’ai pas “souffert” à Sutton tel que je l’anticipais et je me suis plutôt étonné de mes capacités et de mon endurance. Je suppose que j’aurais pu “souffrir” si je l’avais fait plus vite, mais je ne vois pas trop comment j’aurais pu aller plus vite. Quand le rythme cardiaque est proche du maximum en montant en “Power walk” c’est difficile de pousser plus. Mon temps n’a rien d’exceptionnel, je l’ai fait en 3h31, mon objectif optimiste était de 3h30, je suis donc très contente. La gagnante est Lyne Bessette, elle l’a fait en 2h40. J’imagine qu’elle a certainement dû “souffrir” un peu, je ne peux même pas imaginer ce que ça implique que de faire cette course 50 minutes plus rapide. C’est certain que de grandes sections où il m’était impossible de courir, elle les courait à fond de train. En tout cas, je ne dis pas que cette course n’est pas difficile et potentiellement “souffrante”, mais pour moi ce n’est pas le même genre d’effort que de courir à ma vitesse maximale sur une montagne moins à pic.

Voici le lien du parcours sur Strava.

raceanalysis
Analyse du pace
sufferscore
Un autre “Epic Suffer Score” sur Strava.

Bien sûr, tout n’a pas été facile, j’ai eu des moments de fatigue. Naïvement, je me disais que la fatigue disparaîtrait dès que je mangerais un peu de sucre. Mais j’ai vu qu’à un certain point, ce n’est pas le sucre qui va te remettre sur les rails. J’ai dû par moment faire des efforts de concentration (surtout à la fin) pour continuer de bien lever mes pieds qui devenaient un peu lourds. Le danger de m’enfarger dans les racines et les roches devenait de plus en plus imminent. En fait, pour tout dire, je pense que j’ai dû tomber au moins 4 ou 5 fois. Il y avait un gars, devant moi qui je pense à un moment donné à commencé à trouver dangereux que je sois trop près vu le risque que je fasse un vol plané dans sa direction. Mais, bon, en descente, j’aime la vitesse. Quoi que j’aie constaté qu’à chaque fois que je suis tombé, c’est pour avoir voulu saluer un bénévole qui nous encourageait. Donc en descente, je garde pas mal le contrôle, mais j’ai appris qu’il va me falloir saluer les bénévoles sans les regarder !

Je pense d’ailleurs que cette course recèle un tas d’apprentissages pour moi. En voici quelques-uns en vrac.

  • J’ai compris pourquoi plusieurs aiment courir avec leur bouteille d’eau dans la main. À chaque fois que je voulais une gorgée d’eau, je devais sacrifier un apport en oxygène en tentant d’ouvrir l’embout du tube et d’en aspirer l’eau. Donc, à un moment donné j’ai décidé qu’il était plus facile de me priver d’eau que de me priver d’air. En rétrospective, je pense que j’ai été un peu déshydraté et c’est peut-être pourquoi mes mains sont devenues toutes enflées.
  • Il va me falloir m’acheter des verres de contact, car mes lunettes soleil étaient tout à fait inutiles sous la pluie en plus d’être tout embuée. J’ai dû les enlever et par le fait même courir avec la vision embrouillée puisque ces lunettes ont mes verres de prescription.
  • La casquette est une très mauvaise idée lorsqu’il fait chaud en forêt et que l’on monte des kilomètres sans interruption. Le seul moment où je l’ai appréciée est quand il s’est mis à pleuvoir à boire debout.
  • Ce qui me fait peur avant le départ n’est probablement pas du tout ce qui me dérangera le plus durant la course. En tout cas, il n’y avait pas de moustiques ni de mouches noires, mais je n’avais pas pensé qu’il y aurait une tonne d’eau et de boue.
  • J’ai apporté trop de “nourritures” et plusieurs choses difficiles d’accès donc vraiment inutiles. Juste des Fruit2 et du sirop d’érable, ce sera suffisant la prochaine fois.
Sirop d'érable, Fruit2, mangues séchées.
Sirop d’érable, Fruit2, mangues séchées.
  • Quand on pense qu’on est rendu en haut, il reste au minimum 3 à 4 sections de montées difficiles, donc il faut rester préparé mentalement à monter encore et encore.
  • À Sutton, plus on est proche du sommet, plus c’est à pic.
  • Il va me falloir m’acheter une brosse pour les pieds, parce sinon, avec une course aux deux semaines, je vais passer l’été les ongles d’orteils noirs. Inutile de dire que ce n’est pas très sexy.
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Huh, de la boue ?

Encore une fois, c’est étonnant l’endurance que le corps humain peut avoir lorsque bien entraîné. Je n’arrêtais pas de me dire wow, j’ai du fun ! Comme si je pensais que tout ça n’allait être que très difficile. Je n’en revenais pas de pouvoir continuer à courir pour tous ces kilomètres. L’an dernier, un 22KM me paraissait tout à fait impossible. Il me fallait réfréner l’envie de m’y inscrire, car je n’étais pas assez entraîné pour le faire sans me blesser. Maintenant, c’est pour une distance de 35KM qu’il me faut attendre avant de m’inscrire. L’an dernier, j’avais de la difficulté à récupérer d’un 10KM et maintenant, je peux faire cette distance plusieurs fois par semaine et ma récupération d’un 20Km est plus facile que celle d’un 10KM ne l’était dans le passé. Côté récupération cependant, c’est la première fois que je me sens “racké” des triceps suite à une course ! Mais mes jambes sont dans une meilleures forme que suite au 11,8KM de Orford l’an dernier. Donc côté récupération, le corps s’adapte aussi.

Au retour, en prenant ma douche, j’ai trouvé tout à fait bizarre l’inscription sur ma bouteille de shampoing “Appliquer sur cheveux mouillés, faire mousser et rincer abondamment. Répéter si nécessaire, cela ne devrait pas être le cas.” Est-ce que ça veut dire que je ne “devrais” pas courir des parcours tels que Sutton ? Car croyez-moi, un deuxième shampoing fût grandement nécessaire 🙂

Je veux remercier et féliciter mon ami Richard à ma gauche sur la photo ci-bas. C’est lui qui m’a convaincu de m’inscrire en me disant que nous allions le faire ensemble tranquillement.

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Après l’arrivée.

Un gros merci aux bénévoles, en particulier à Thibault Crochon, lui aussi bénévole et qui m’a guidé dans quelques-uns de mes entraînements par intervalles avec le Club de Trail de Montréal. Merci aussi à Lawrence Colswell de Xactnutrition pour m’avoir encouragé tous les mardis soirs lors de nos sorties avec le Club de Trail de Montréal depuis le début de l’année.

Aussi, felicitation à mon chum Lambert, pour sa première course de trail. Il a fait le 11.8KM.

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Lambert content de son parcours 11.8KM.

Mon prochain défi est la Grande virée des sentiers de St-Bruno 20KM dans 2 semaines.

Grande virées des sentiers de St-Bruno 20KM.
Grande virées des sentiers de St-Bruno 20KM.

Ensuite le XC St-Donat le 28 juin le 22KM.

22KM XC St-Donat
22KM XC St-Donat

Puis, le Québec Mega Trail le 14 juillet 25KM.

Québec Mega Trail 25KM
Québec Mega Trail 25KM

 

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Michel Cloutier dit :

    Tres content de te voir aussi heureuse

    Michel

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