Ultimate XC St-Donat 38KM – La course

Le départ

ultimate-xc-st-donat
Tôt le matin, au village tout le monde dort.
Au petit matin, tout a été très vite. C’est en autobus que nous allions rejoindre le point de départ, on a donc eu tout le temps nécessaire pendant le trajet, d’une durée de 20 à 25 minutes, pour réfléchir à combien c’est long 38KM.

En bus, j’observais la route parcourue et je me disais que ça va être long de revenir à la course!

Une fois descendu du bus, Dan Des Rosiers n’a pas perdu de temps. Il a demandé à ceux qui n’avaient jamais participé au 38KM de lever la main. Ensuite, il a dit, « nous allons observer une minute de silence pour ces personnes, 3, 2, 1, GO » c’est ainsi qu’il a donné le départ, pile à l’heure. Mes souliers étaient à peu près attachés, ma montre n’était pas démarrée, on est donc parti sur les chapeaux de roues.

ultimate-xc-st-donat
Les premiers 4 kilomètres de course, au bord de la rivière. On était à la queue leu leu.

Une seconde on se trouvait sur une route de terre et la seconde suivante c’est comme si on entrait dans le sentier d’un pays enchanté. Nous avons commencé notre parcours en longeant une rivière pour environ 4 kilomètres, le paysage était fabuleux. À force de faire des courses, j’ai observé que quand je veux faire un bon temps, un bon départ peut avoir un impact assez important. J’ai appris qu’il me faut éviter de me retrouver trop loin derrière et je ne veux pas non plus me placer trop à l’avant pour ne pas nuire aux plus rapides. Malgré le départ hâtif, j’ai quand même réussi à assez bien me placer dans le peloton.

Stratégie de course

Je n’avais pas vraiment réfléchi à une stratégie pour cette course. Je me disais que de terminer en dessous de 6 h était raisonnable comme objectif et que 5 h était impensable.
IMG_6699_sm
Début de parcours.

La veille de la course, j’ai fait comme mon amie Julie du Club de Trail de Montréal, j’ai dessiné le parcours sur mon avant-bras. Finalement, ce fût un peu utile, mais pendant la course, on s’est aperçu que les distances n’étaient pas tout à fait exactes.

Au début, pour les trois ou quatre premiers kilomètres, ça n’allait pas vite parce que nous étions tous à la queue leu leu dans un sentier étroit. Nous n’avions pas le choix de prendre ça relaxe.

Une fois que le peloton s’est étiré, il a été possible d’accélérer un peu plus. Comme j’en ai l’habitude, j’ai accéléré pas mal dès que ça a été possible. Sauf que j’avais une ampoule sur le tendon d’Achille du pied gauche, sur laquelle j’avais tenté de mettre un diachylon. Ce fut inutile, car avec la chaleur, l’eau et la boue, après six kilomètres de course, celui-ci décollait et me nuisait plus qu’il ne m’aidait. J’avais apporté 2 types de diachylon, je me suis donc arrêté sur le bord du sentier et j’ai taponné un méchant bout pour sortir l’autre pansement de ma mini pochette, retirer mon soulier et changer ledit pansement. Pendant ce temps, une quarantaine de personnes au moins ont dû passer à côté de moi, certains inquiets de ma situation.

ultimate-xc-st-donat
Toujours en début de parcours, au bord de la rivière, on est de moins en moins cordé.

Quand je suis repartie, je me suis retrouvé avec un tout autre « mindset ». Je n’avais aucunement envie de fournir de trop grands efforts pour rattraper toutes ces personnes et tenter de reprendre mon rang. Je me suis rappelé mon départ rapide au 50KM de Bear Mountain (qui m’avait fort probablement coûté vers la fin du parcours) et je me suis dit que c’était l’occasion parfaite pour tenter une autre approche. L’approche que je nommerai économique.

IMG_6717_md
Un gros WOW à ce moment-là.

À partir de là, je n’ai plus fourni aucun effort superflu. Lors des montées, dès que la gravité devenait trop difficile à contrer, je me suis mise à la marche. Finalement, j’avais l’impression de récupérer en montant. Cependant dès lors que ça descendait, je passais en mode rapide parce que descendre est très facile pour moi, je ne fournis pas beaucoup d’effort tout en étant capable de maintenir un bon rythme. Sur le plat, j’ai conservé un rythme moyen, pas trop coûteux en effort. À Bear Mountain, j’avais été frustré de perdre mon avantage en descente à partir de la mi-course dû à la fatigue musculaire, je pensais donc pouvoir éviter cela avec cette stratégie improvisée. Je suis très satisfaite parce qu’au final ça a fonctionné.

J’ai effectué toutes les montées relativement confortablement et j’ai ainsi pu descendre toutes les descentes à ma meilleure vitesse.

La veille de la course, mon amie Julie me disait, une fois la montagne noire passée, le reste sera OK. Il est vrai que quand on regarde le parcours sur la carte, la portion du 22KM suivant l’ascension de la montagne noire a l’air super facile en comparaison.

Cependant, comme j’avais fait le 22KM l’an dernier, je me méfiais de cette portion sachant que l’ascension du Mont Ouareau pouvait être pire qu’elle en avait l’air sur la carte. Finalement, moi et Julie n’avons pas trouvé la montagne noire si longue à gravir et le Mont Ouareau nous a paru plus difficile. Il faut dire que les mouches à chevreuil nous ont rendu la tâche pas mal moins agréable.

Ultimate XC St-Donat
La carte avec la portion du 22KM encadrée en noir.

Après la course, j’ai lu sur Facebook d’une personne de mon club de course qu’une bonne idée est d’adopter cette stratégie jusqu’à 5 à 10 KM de la fin. Pour les derniers 5/10, on peut alors vraiment ouvrir la machine et finir fort.

Dernièrement, une personne que je connais écrivait aussi sur Facebook qu’il avait lu dans un article que l’élite sur une course longue distance ralentie en moyenne de 10 % dans la deuxième moitié d’une course. Le milieu de peloton ralenti de 20 %. Je me suis donc demandé si j’avais ralenti en deuxième portion si oui, de combien. Pour Bear Mountain, j’avais effectué la première moitié en 3 h 15 et la deuxième en 3 h 45 (donc 10 % plus lente sur la deuxième portion). Pour St-Donat, il est vrai que ce n’est pas une très très longue distance, mais j’ai effectué la première moitié en 2 h 48 et la deuxième en 2 h 42, donc un tout petit peu plus vite en deuxième portion.

J’imagine que toutes ces données peuvent aussi dépendre du dénivelé positif de la première moitié versus la deuxième, mais je ne me lancerai pas dans une telle analyse.

race-analysis-2
Analyse des temps de passage.
photo-jean-marie-grange
Le rinçage fait du bien après avoir traversé les marécages du fameux « Vietnam ». Crédit photo : Jean-Marie Grange. Pour voir l’album : https://jeanmariegrange.exposure.co/ultimate-xc

Apport en calories

Après Bear, je m’étais dit que j’allais boire plus d’eau et manger plus pendant ma course. Et bien j’ai changé d’idée.

En fait, je crois que de manger beaucoup me cause des hauts et des bas en énergie. J’ai donc décidé de tester une approche plus minimaliste et cela a fonctionné. Pour le petit déjeuné, j’ai mangé, 2 h avant le départ, un très gros bol de gruau (double portion) avec un yogourt grec nature pour un bon apport en protéine, le tout recouvert de sucre brun avec un café. Ainsi, pendant les premières 2 h 30 de course, je n’ai rien consommé d’autre que quelques gorgées d’eau. Comme il ne faisait pas trop chaud, je n’aurais pas vraiment eu besoin de mon sac d’hydratation, mais j’étais contente de l’avoir finalement, car ça m’évitait d’arrêter aux ravitaillements quand mon rythme était bon.

Il y a des fois ou je préfère ne pas casser le rythme, avoir mon sac me permet de passer tout droit aux ravitaillements quand ça me chante.

Donc après 2 h 30 de course, j’ai tenté un petit verre de Coke et ce fût parfait, je n’ai pas eu de « rush » de sucre suivi du « crash ». Puis après environ 4 h de course, j’ai consommé une de mes barres Fruit3 celle qui a de la caféine pour un bon petit boost au bon moment. Par la suite, après environ 5 h de course, j’ai consommé mon autre barre Fruit2 sans caféine.

xactnutrition
Xactnutrition créateur des barres Fruit2 et Fruit3.
Donc j’ai consommé au total seulement 300 calories pendant mes 5 h 30 de course. Je ne dis pas que c’est bon pour tout le monde, mais pour moi, ça a très bien fonctionné cette fois-ci. Je vais donc continuer d’expérimenter dans ce sens.

Travail d’équipe

Une autre belle surprise de cette course est que j’ai eu le plaisir d’en courir une très bonne partie en équipe, plus de la moitié en fait. Au début, je ne cessais de croiser et recroiser une partenaire de mon club de course. Nous avons donc commencé à nous suivre un peu plus. Je la perdais un peu dans les montées, puis elle passait devant et me perdait un peu sur le plat. Dans les descentes, je crois que nous avions pas mal le même rythme. Donc après un certain nombre de kilomètres de ce manège, nous avons plutôt naturellement décidé de courir ensemble. Comme notre rythme était assez similaire, si l’une de nous deux avait décidé de s’en aller solo, ça aurait été OK, mais nous avons toutes les deux plutôt choisi de rester ensemble. Je dois dire que ça a ajouté au plaisir de la course. Il faut dire que je suis pas mal volubile, j’ai donc passé de bons moments à placoter, mais il semblerait que ma partenaire ne s’en soit pas trop fatiguée. Vers la fin, j’ai prodigué plusieurs encouragements à ma partenaire qui commençait à trouver le trajet un peu long, je crois, cependant, je pense que cela m’a aidé autant qu’elle.

Courir en équipe

Je trouve que c’est un beau concept de faire la course à deux. Le moment où nous avons finalement franchi la ligne d’arrivée ensemble fut spécial. Les gens nous encourageaient, j’en ai même entendu dire regardes les deux sœurs!

Dans le même esprit que Florent Bouguin et Jeff Gosselin à Bear Mountain qui avait remporté ex-aecquo les positions 2 et 3 au 50 miles, nous avons obtenu ex-aecquo les positions féminines 5 et 6.

julie-l
Ma partenaire de course Julie Labrecque. Merci à Ultimate XC et http://www.ynaimage.com/ pour la photo.
arrivee-ultimate-xc-38
Un autre hasard, on a le même bandeau, on était dû pour une course en équipe ! Merci à Ultimate XC et http://www.ynaimage.com/ pour la photo.

Finalement, moi qui pensais avoir pris ça mollo, j’étais certaine de ne finir qu’en milieu de peloton. J’ai été surprise d’apprendre qu’on avait fait un assez bon temps finalement.

Après la course, je me disais « avoir poussé un peu plus qui sait quelle position j’aurais pu obtenir ? ». Mais, je n’échangerais aucune position contre le plaisir que j’ai ressenti tout au long du parcours. Plaisir dû à mon rythme moins agressif et aussi grâce à ma partenaire de course. Aussi, quand on pousse plus il y a un risque de ralentissement en deuxième moitié qui peut finalement être couteux, peut-être que ça ce serait même moins bien terminé qui sait.

C’est certain que je vais utiliser cette stratégie à nouveau, c’est trop le fun, pour des courses de longue distance, je ne pourrai plus m’en passer.

Bénévoles

Je ne peux terminer cet article sans remercier les bénévoles qui sont toujours très souriants et encourageants et sans qui cet événement ne pourrait pas avoir lieu. Aussi, avec nos amis, nous avons parlé des hamburgers maison aux tomates du jardin toute la journée précédant la course. Quand je l’ai mentionné, la bénévole m’a dit que c’était en effet des tomates de son propre jardin. Et que dire des carrés aux dattes!

Je m’en voudrais de ne pas dire à nouveau que les sentiers de St-Donat sont parmi les plus beaux à parcourir parmi les multiples courses en sentier. Bref, il n’y a rien qui cloche, cet événement est encore un coup de cœur pour moi.

J’y serai l’an prochain, c’est certain, probablement sur le 60KM.

Prochains objectifs

Ma prochaine course aura lieu samedi prochain le 11 juillet au Québec Méga Trail. Puisque le 38 KM de St-Donat s’est vraiment bien passé, j’ai décidé de m’inscrire au 50KM à Québec. Ma stratégie sera la même, en mode économique pas pressé pour toutes les montées, en mode rapide pour les descentes et une bonne vitesse de croisière sur le plat sans fournir trop d’efforts superflus. J’espère que ça fonctionnera aussi bien cette fois. Je vous en redonne des nouvelles très bientôt!

Aussi, il est possible que je m’inscrive au 50 KM de la chute du diable qui aura lieu 3 semaines après XC LaVallée ou je ferai le Trans-Vallée (3 jours de course ou on enchaine un 10 KM suivi d’un 35 KM et d’un 21 KM) et 2 semaines avant Harricana ou je ferai le 65 KM. C’est mon amie Julie qui m’a mit cette idée en tête avec le possible projet de la faire en équipe !

Récupération

Pour la récupération, j’ai eu de la difficulté avec mes tendons d’Achille, suite à mon 20KM de la Grande virée des sentiers que j’avait effectué à un rythme plus rapide que j’ai l’habitude de m’entraîner. Pour St-Donat, j’ai eu la chance de bénéficier d’un massage avec Mélanie Caya massothérapeute, quelques jours avant la course, celui-ci m’a permis de courir sans douleur à St-Donat. Après la course, Mélanie qui était massothérapeute officielle de l’événement m’a massé pendant 15 minutes. Je suis ensuite retourné la voir quelques jours après l’événement parce que mes tendons étaient encore très raides. Elle a réussi à améliorer ma situation grandement, mais cette variable reste inconnue pour mes prochaines courses. La massothérapie combiné à la course, c’est vraiment efficace. D’ailleurs, j’en ai parlé dans un article publié sur le site Harricanca, si jamais vous voulez en savoir plus à ce sujet. http://harricana.info/2015/06/la-massotherapie-sportive-au-service-du-coureur/

Quand j’ai commencé à courir, dès que j’avais un petit problème je m’empressais d’aller voir un physiothérapeute. Aujourd’hui, je me dépêche plutôt de faire des étirements et de voir mon ou ma massothérapeute. Jusqu’à date, ceci m’a permis de prévenir plusieurs blessures. Pour en savoir plus à propos de Mélanie, voici le lien vers page Facebook.

Finalment, voici le lien vers l’activité Strava : https://www.strava.com/activities/334404021/overview

Publicités

8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. thomas lacharité dit :

    Salut Julie,

    Je vient de lire ton article et wow j’ai trouver des conseil fort important pour ma prochaine course de 55 km et bravo pour ta course se 38 km

    1. Julie Cloutier dit :

      Merci Thomas, ça me fait vraiment plaisir que tu aies pu trouver des choses utiles. J’imagine que 55KM = Bromont Ultra ? Si oui, peut-être que j’y serai aussi. Bonne chance pour ta prochaine course.

  2. Aurore dit :

    Waouah, beaucoup d’objectifs long, tu enchaines en ce moment. Tu seras bien prête pour l’UTHC au moins 🙂

    Un grand bravo pour ta course que tu as bien géré, j’adore les photos et celle dans l’eau est excellente. Un beau souvenir.

    A bientôt

    1. Julie Cloutier dit :

      Merci Aurore, j’ai très hâte de te voir en personne à l’UTHC !

  3. Richard dit :

    Bravo Julie pour ta course et super de pouvoir lire ton experience vecu!

    1. Julie Cloutier dit :

      Merci beaucoup Richard.

  4. Rohnny dit :

    Bravo à toi, j’ai adoré lire ton article et bien sur je m’abonne a ton nouveau site.

    1. Julie Cloutier dit :

      Merci beaucoup Rohnny.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s