XC de La Vallée, Trans Vallée, 21KM – Le dessert

Le Trans Vallée est une course en sentier d’une durée de 3 jours dans le cadre du XC de La Vallée. Il est composé de trois courses dans la région de St-Raymond-de-Portneuf, dans la magnifique vallée du Bras du Nord. Après avoir parcouru le 11KM de nuit (lire la chronique ici), je complétais le lendemain le 38KM (lire la chronique ici), puis le dimanche il fallait encore compléter le 21KM, dont voici le résumé.

Le matin au levé

Je me suis levé dimanche matin sans aucune courbature et mes tendons d’Achille et du fibula (pas sûre de comment il se nomme celui-là) se portaient très bien. En dehors d’un manque de motivation, je n’avais aucune raison de ne pas prendre le départ du 21KM pour enfin terminer ce maudit défi du Trans-Vallée.

Nous avons dû nous organiser le matin au réveil, car il nous fallait rentrer tôt à Montréal après la course. Cela signifiait que nous devions démonter la tente et tout ranger dans la voiture avant le départ de la navette pour la course qui avait lieu vers 9 h.

Vers 8 h 45, j’ai commencé à marcher le kilomètre qui nous séparait du lieu de départ de la navette. Et oh surprise, j’avais un point sous les côtes du côté droit et ceci en effectuant une simple marche ! Cela m’a quelque peu alarmé, c’était le même point que j’avais eu la veille sur la fameuse petite route de terre précédant le 3e ravitaillement, celle où j’avais dû trottiner. Je me suis demandé si j’allais être aux prises avec ça tout au long de la course. J’avais d’ailleurs eu ce même problème lors du Québec Méga Trail 50KM dans la deuxième descente sous les fils électriques.

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La marche pour se rendre à la navette.

J’en ai parlé avec un ami pendant que l’on marchait pour se rendre aux navettes et il m’a très judicieusement conseillé de parler avec la physiothérapeute qui était par miracle présente avant le départ des navettes.

C’est ce que j’ai fait et elle m’a expliqué que mon problème n’avait rien de cardio-vasculaire tel que je le croyais, mais qu’il s’agissait en fait d’une crampe aux muscles intercostaux. Elle m’a démontré comment faire une pression sur le muscle pour tenter de le relâcher et m’a enseigné une méthode pour l’étirer. En moins de 2 minutes par pression sur le muscle, mon problème est disparu. J’avais quand même une crainte que ça ne recommence, mais au moins j’avais une solution en cas de problème.

Une fois dans la navette, je ne sais pas si le chauffeur était pressé, mais il me semble qu’il roulait sur les chapeaux de roue, c’est que ces petites routes sont tortueuses et elles me semblent un peu dangereuses pour rouler si vite.

Nous sommes donc arrivés rapidement sur le lieu du départ. Mon chum y était, car il avait planifié faire du vélo de montagne pendant ma course et les sentiers de vélo commençaient au même endroit que celui que nous allions emprunter pour la course.

Comme je l’ai dit précédemment, je n’étais pas très motivé, la fatigue des 2 courses des 2 jours précédents se faisait sentir. La veille j’avais tenté de convaincre un ami, Stéphane, avec qui j’avais terminé la portion du 38KM de prendre le départ du 21, il était loin d’être sûr de le vouloir. Puis au matin, il semblerait que ma tentative de le convaincre avait fait un petit bout de chemin, car il y était. Mon chum m’a dit qu’il avait aussi réussi à convaincre une autre participante de prendre le départ du 21, car elle était aussi démotivée.

Le départ

Je crois que je n’ai jamais démarré une course de 21KM aussi tranquillement. Il y avait ce point dont je voulais être bien certaine de m’être débarrassée et puis il y avait cette fatigue accumulée. Cependant, enfin, pour la première fois, nous avions droit à une portion roulante sur un sentier dégagé sans trop de dénivelés, 3.5 KM gratuits en début de course, que j’ai couru sans trop d’effort.

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Le départ, je n’étais pas pressé !
Puis nous avons commencé à monter dans un sentier plus étroit, nous avons aperçu une chute majestueuse, immense comme on la voit rarement à cause de toutes ces pluies, d’après ce que l’organisateur de course nous avait dit avant le départ.
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François, un ami du club de Trail de Montréal.
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En arrière plan, l’énorme chute !

S’ensuivirent ensuite des côtes suivies d’autres côtes, j’avais les jambes en Jello, j’ai croisé des amis du Club de Trail de Montréal, Chantale, Véronique et François, ce qui m’a aidé à me motiver, car je sentais bien la fatigue du week-end.

J’ai eu un petit regain d’énergie qui m’a aidé à grimper, puis j’ai croisé d’autres amis du Club, Sébastien et Mélanie et je me suis amusé un peu. Les sentiers étaient alors pas mal plus praticables que ceux de la veille. Mais cela n’a pas duré, ils sont devenus de plus en plus boueux, il était difficile de garder un rythme et je sentais de plus en plus de fatigue. J’y allais donc d’un rythme très conservateur et je laissai filer mes amis du Club.

 

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Sébastien, un ami du Club de Trail de Montréal qui à l’air de s’amuser comme un “kid”.
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Mélanie du Club de Trail de Montréal.

Aussi, je n’arrêtais pas d’avoir très soif. J’ai bu 1 litre d’eau avant le kilomètre 6. Sébastien m’a donné 400 ml d’eau (un gros merci à lui) que j’ai bue avant le 8e kilomètre. Quand je suis arrivé au ravitaillement du kilomètre 10, j’avais très soif. On nous avait demandé d’être économiques avec l’eau, mais il fallait absolument que je remplisse mes deux gourdes au complet. J’ai réalisé après coup que j’ai l’habitude de boire beaucoup d’eau le lendemain d’une longue course, aussi habituellement, je ne cours pas le lendemain d’une longue course. J’avais donc doublement soif, déshydraté de la veille + effort de course à la chaleur et l’humidité ont fait que je devais boire plus qu’à l’habitude. Si je refais une course par étape, je vais garder en tête de prévoir plus d’autonomie en eau. J’aurais eu besoin de 2 fois 2 L et non pas de 2 fois 1 L. comme il n’y avait qu’un seul ravitaillement, cela n’arrangeait pas les choses.

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Un peu avant le ravitaillement, j’ai croisé Mylène, une amie que j’ai connue grâce à la course. Nous avons progressé tranquillement et avons traversé ensemble le marécage de boue que l’on nous avait annoncé au départ de la course.

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Mon amie Mylène qui avait mal au coeur, ça ne paraît pas !
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Ne vous en faites pas, ce n’est que de la boue !
Tout des suite après le ravitaillement il y avait une belle petite rivière d’eau fraîche et claire, j’en ai profité pour m’asperger d’eau avant de poursuivre.
Par la suite, les paysages étaient beaux, mais je n’avais malheureusement pas vraiment de plaisir, je progressais avec la seule idée de compléter ce maudit Trans-Vallée 🙂

J’aimerais pouvoir écrire que j’avais du fun et appréciais ma course, mais cette fois, ce n’était pas le cas. J’ai constaté à ma montre que je ne progressais pas assez vite pour compléter dans le temps limite de 4 h00, les sentiers n’étant pas du tout roulants et plutôt accidentés, il fallait constamment relancer. J’ai donc fait un effort pour conserver un meilleur rythme, espérant terminer dans le temps limite. Je me demandais si on me dirait que je n’avais pas complété le Trans-Vallée parce qu’arrivée après le temps limite pour le 21KM. Vu tous ces gens qui avaient été coupés au temps de passage la veille sur le 38KM, je me disais que ma foi cela était peut-être une chose qui pourrait arriver. Je ne voulais pas prendre de chance, j’ai donc commencé à me « pacer » pour arriver dans les temps.

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Je me disais toujours, il va certainement y avoir des sections ou je pourrai courir, ou encore, ça va bien finir par descendre à un moment donné.

Eh bien non, ça continuait de monter, d’être accidenté et boueux. Nous passions à côté de petites chutes superbes, je me disais que c’était trop dommage de ne pas s’arrêter pour s’y baigner. Je ne dois pas être la seule à avoir pensé cela. J’avais de plus en plus l’impression de faire une randonnée pressée que de participer à une course !

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Moi qui n’avait pas tant de plaisir, sourire pour le “selfie”.

D’ailleurs, à chaque fois que je croisais des marcheurs, j’avais honte de nous les coureurs parce que j’étais consciente que nous étions en train de saccager leurs beaux sentiers de marche.

Je pense que nous avons finalement commencé à descendre au 17e kilomètre. Une belle grosse descente dans les roches instables, encore une portion où il fût difficile de courir. Surtout qu’après un cumulatif de près de 70KM en 3 jours, cette course commençait à se faire sentir dans les genoux. J’y suis donc allé encore une fois à un rythme conservateur gardant en tête mon objectif numéro 1 qui était de ne pas me blesser.

Puis je me suis retrouvé en bas de cette très longue côte avec une portion route de terre à courir pour 1 kilomètre.

Ha enfin, courir, ça fait du bien !
Il y avait des gens sur la route qui nous encourageaient, c’était le fun de les voir, même si je n’arrivais plus trop à sourire.

J’ai passé la ligne d’arrivée 3 h 54 après le départ, 6 minutes en dessous du temps limite de 4 h. Finalement, je ne pense pas que ce temps limite servait à grand-chose, il est arrivé des coureurs jusqu’à 5 h 30 après le départ et toute l’organisation y était.

Conclusion

Je l’ai déjà dit dans mon article précédent, même si ce fût difficile et que j’ai eu de la misère avec le type de parcours moins rapide, je ne regrette pas ma participation. Ce fût mon plus dur défi réalisé à ce jour et cela a remis en perspectives quelques défis que j’aimerais réaliser dans le futur. On peut dire que ça me garde humble face à ce que j’aimerais accomplir dans les années à venir. Je vais continuer de faire comme je l’ai toujours fait, une étape à la fois, de façon graduelle sans brûler les étapes de progression.

J’ai terminé le 21KM 152/202 au classement général, 45 /74 femmes et 11/18 femmes dans ma catégorie d’âge.

Pour le Trans Vallée au complet (3 courses) j’ai été la dernière à compléter en un temps total de 12 h 57. Ma position au classement général fût 51/90, 13/24 femmes et 2/5 femmes dans ma catégorie d’âge. Il y a donc 39 participants qui n’ont pas complété le parcours pour diverses raisons, mais surtout à cause du temps de passage très serré pour la course de 38KM du samedi.

Cette belle expérience, même si difficile, continue de m’apporter beaucoup, j’en retire encore plusieurs enseignements.

Elle me permet de remettre encore une fois en perspectives, mes capacités et aptitudes. Je me rends compte que je ne suis pas très douée pour les sentiers très techniques. Je ne me croyais pas si pire en descente, après ce parcours, j’en suis moins certaine. Mais c’est bien correct, en course, rien n’est jamais sûr. C’est pourquoi il ne faut pas partir sur une balloune lors d’une bonne performance ni se dévaloriser lors d’une moins bonne performance. En fait, n’importe quel défi, quel qu’il soit, même de débuter par 1 KM de course est une très bonne raison de célébrer, peu importe, le temps que ça prend ou le classement obtenu.

Ce sur quoi je veux « focuser » lors de mon prochain défi est que les difficultés sont temporaires et le sentiment d’accomplissement lui est éternel. Et cela, je crois, m’aidera à passer au travers des moments difficiles avec un meilleur moral.

Récupération

De retour à la maison, j’étais en vacance pour une autre semaine et je dois dire que ça tombait bien.

Le lundi je me suis reposé et le mardi je suis allé courir sur le Mont-Royal avec mon club de course à un rythme très lent. C’est incroyable ce que je peux devenir lente après de longues courses. Habituellement, ça me prend deux semaines avant de me sentir à 100 % normal. Je courais donc ce mardi-là sur la montagne à 8min/KM des portions ou j’aurais normalement couru à 6min/KM avec la même perception de l’effort. Ouf, 8 min, il me semble que je peux quasiment faire de la marche rapide à ce rythme-là non?

Le mercredi, jeudi et vendredi, j’ai pris congé, aucun entraînement physique pendant 3 jours, je ne me rappelle plus la dernière fois que cela m’est arrivé. Mais je peux vous dire que samedi, ça me démangeait, je n’étais plus capable de rester à ne rien faire et j’étais très contente d’aller courir au Mont St-Bruno (mon terrain de jeu habituel).

Prochain défi

Suite au Trans Vallée, 3 semaines me séparaient de mon prochain défi qui aura lieu samedi prochain le 5 septembre. Au moment d’écrire ces lignes, je croyais faire ce défi de la chute du diable en équipe avec ma partenaire Julie, j’étais très contente de me sentir non seulement bien reposé, mais aussi très motivé à aller courir ce 50KM. Moi qui avais même peur de ne plus avoir envie de courir après le Trans Vallée! Cependant, il faut me faire à l’idée, ce défi je vais le relever seule, car ma partenaire ayant un problème musculaire doit annuler sa participation, de plus, j’ai encore quelques inquiétudes avec mes tendons d’Achille. Il me semble que je pourrais écrire un article de blogue complet à leur sujet (lire, je ne sais même plus quelle chaussure porter). Voilà donc l’occasion parfaite de mettre en pratique ce que j’ai écrit plus haut à propos des difficultés.

2 semaines après la chute du diable ce sera Harricana 65KM. Normalement, 2 semaines de récupération devraient suffire, c’est ce qu’on verra… Mais je vais y aller une course à la fois, d’abord, la chute du diable…

Pendant que j’écris ces dernières lignes, je constate l’arrivée « Live » de Joan Roch au Ultra Trail du mont Blanc, 168KM en 33h02.

Wow, ça me touche, il complète cette épreuve mythique ! J’en suis vraiment ému, je suis immanquablement touché quand je vois des gens dépasser leur limite, mais qui plus est quand ce sont des gens que je connais !

Je me demande à quel point il a été en mesure d’apprécier sa course. J’imagine qu’il a dû vivre des moments difficiles, certainement plus d’un, et puis je me dis qu’il ne s’en plaindra pas. Ceci me donne envie de continuer de me dépasser avec une attitude plus positive. Je vous reviendrai donc certainement avec un article de blogue beaucoup plus enthousiaste après mon 50KM de la chute du diable parce qu’en général après une course ou mon mental était plutôt bas, je rebondis avec une meilleure attitude!

Voici la description de mon prochain défi ainsi que l’image du parcours, je ne pourrai pas dire que je n’avais été prévenu qu’il y aurait bel et bien des roches et des racines, après tout, c’est de la course en sentier. J’espère juste qu’il y aura moins de boue.

Le 50KM de la chute du diable, un ultra-marathon sur un parcours linéaire 100 % Sentier national entre la réserve faunique Mastigouche et l’Amphithéâtre au Cœur de la Forêt! Avec ses 1600 m de dénivelé positif, ce magnifique sentier vient confirmer que la Mauricie n’a rien à envier aux autres régions du Québec et qu’elle s’impose sur le circuit des évènements de course en sentier. Des racines, des roches, des côtes, d’autres racines, d’autres roches, d’autres côtes…, énormément de plaisir ou de souffrance en perspective. Eh oui, les ultras marathoniens confondent fréquemment les deux! Nos courageux, ou nos fous, se rappelleront longtemps de cette journée du 5 septembre 2015. Vous y croiserez peut-être même le Diable en personne…

50KM chute du diable

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4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Elodie dit :

    Bravo pour ta Trans’Vallée car malgré ta déception, tu as réussit à finir chacune de tes courses. De plus, c’est super bien écrit et on peut s’imaginer la difficulté du parcours et ton ras le bol à certains moments.
    Bon courage pour ton prochain défi, en espérant que le diable s’écarte de ton chemin au moment de ton passage 😉

    1. Julie Cloutier dit :

      Merci pour ton commentaire Elodie, en effet, j’étais dans le mode “pour finir”, j’imagine que ça nous arrive tous à un moment ou à un autre. Et voilà que j’ai peur pour mon prochain défi… Je vais tenter de garder le moral même si je croise le diable. Il y a de bonnes et moins bonnes courses, comme j’en ai aussi connu des bonnes, il y a de l’espoir 🙂

  2. Wow, méchant dessert !
    Définitivement que cette épreuve n’est pas pour moi: trop technique, trop de boue, plusieurs étapes… Disons que je vais essayer de me trouver des courses proches dans le calendrier qui vont me donner une excuse pour ne pas faire celle-là ! 😉
    Bravo pour ta persévérance Julie, on sent que celle-là, elle est allée te chercher. Mais c’est dans ces cas-là qu’on apprend à se connaitre vraiment.
    Bonne chance pour samedi, je vais attendre les résultats avec impatience ! 🙂

    1. Julie Cloutier dit :

      Merci Frédéric, pour ton commentaire, oui celle-là, elle est allée me chercher en effet. Mais il y a vraiment un gros point positif qui en est encore ressorti le week-end dernier, elle m’aide à encore plus apprécier les autres. Cela dit, je connais un paquet de gens qui ont adoré Trans-Vallée et qui se sont amusés comme des fous. Donc je tiens à dire qu’il ne faudrait pas tirer de conclusion à propos de cet événement basé sur mon unique opinion. Mais te connaissant je me doutais bien qu’elle n’aurait pas été ta tasse de thé à toi non plus.

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