Chute du diable – 24h avant

Vendredi 4 septembre :

J’ai commencé à écrire ce texte le vendredi 4 septembre, moins de 24 heures avant ma course de 50KM à la chute du diable qui allait avoir lieu le lendemain, le samedi 5 septembre.

« Il me semble que ça fait des semaines que je ne parle que de mes petits bobos de coureuse. Je me dis que je commence à être fatigante avec ça. Tous les coureurs en ont des petits bobos, mais tous les coureurs, ils ne passent pas leur temps à en parler. Pour ma part, j’avance des hypothèses puis je les réfute, je tente de comprendre ce qui se passe et comment et quand les petits bobos ont fait surface.

Et puis mon chum, le pauvre, il doit être tanné d’entendre parler de tendons d’Achille et de muscle soléaire.

Je n’osais pas admettre l’hypothèse la plus plausible, « surentraînement », ou plutôt comme un ami me l’a fait remarquer dans son commentaire à la fin de mon article, « surcompétition», trop de compétitions en peu de temps.

Je ne suis pas fatigué physiquement ou mentalement, mes genoux vont super bien, en fait tout mon corps et ma tête vont bien sauf que mes tendons d’Achille ne veulent plus suivre. Pour le moment, ils ne veulent plus me suivre dans mes défis toujours plus grands et qui plus est de plus en plus rapprochés.

J’ai toujours un mince espoir que ce ne sont que des tensions musculaires. J’ai essayé plusieurs souliers, rien n’y fait, le problème ce n’est pas le soulier. Mon massothérapeute a été en mesure jusqu’à maintenant d’accomplir des miracles, mais là je sens que ça ne suffit plus.

Bizarrement ce n’est pas tout juste après un ultra marathon que les douleurs se dévoilent, mais bien souvent pour moi, c’est 2 ou 3 semaines après.

J’ai appris à me méfier des conclusions rapides sur mon état tout de suite après un ultra, vous savez le lendemain, le jour ou l’on s’inscrit souvent à un autre ultra, même si l’on s’était bien dit la veille que ça n’avait pas de bon sens.

La course, c’est aussi cela, apprendre à se connaître. Savoir écouter les signaux, aussi faibles soient-ils au début. S’adapter et accepter nos limites, reculer pour mieux avancer par la suite.

Je n’ai rien de très grave… renforcer, étirer, reposer.

Chronique d’un DNF annoncé… »

Mercredi 9 septembre :

Pourquoi j’ai écrit ce texte moins de 24 heures avant mon 3e ultra marathon?
J’écrivais l’introduction de mon prochain article de blogue que j’étais certaine d’intituler « Chronique d’un DNF annoncé ».

Je pensais donc poursuivre ce début d’article avec mon texte par rapport à un DNF au 50KM de la Chute du diable parce que j’étais pratiquement convaincue de ne pas pouvoir terminer le parcours de 50KM, vu l’état dans lequel je me trouvais moins de 24h avant le départ.

chute du diable
Crédit : La chute du diable
Et bien en course, tout est possible et il ne faut jamais dire jamais. Que s’est-il passé finalement depuis le vendredi 4 septembre?

Revenons un peu en arrière… À date, je me suis concocté une saison chargée.

Mes courses officielles depuis mai

Un 50KM début mai, un 20KM très rapide début juin, un 38KM à St-Donat fin juin suivi d’un 50KM au Québec Mega Trail. S’ensuivit, mi-août, le Trans-Vallée une course sur 3 jours de 11KM/38Km/21KM (totalisant 70KM).

Et mes tendons d’Achilles qui avaient commencé à donner des signes d’inflammation début juin suite à mon 20KM rapide à St-Bruno.

J’avais aussi à l’horaire le 65KM d’Harricana mi-septembre, mais à la demande d’une amie s’était ajouté le 50KM de la chute du diable 3 semaines après le Trans Vallée et seulement 2 semaines avant Harricana.

Comme j’avais des problèmes aux tendons, une semaine avant la Chute du diable, je me suis dit, je vais essayer des souliers avec des semelles plus rembourrées, pensant que ceci m’aiderait pour mes longues courses. J’avais déjà l’habitude de courir avec des souliers 0 drop, j’ai donc tenté les Altra Lone Peak, un soulier 0 drop bien rembourré. J’en ai fait l’essai 2 fois, le dimanche et le mardi précédent la course de la Chute du diable. Oh misère, le rembourrage loin de m’aider à empiré mon état. Conséquemment, j’ai souffert d’un petit claquage dans le muscle soléaire une semaine avant le Chute du diable. Au début je n’y ai pas fait attention, car je pensais que cette douleur provenait du haut de mon tendon, je me suis dit, je vais me reposer et ça va disparaître comme ça a l’habitude de faire.

Donc le vendredi matin, après 3 jours de repos complet, moins de 24 heures avant le départ de la course, j’ai fait l’essai de quelques-uns de mes souliers habituels, car je ne savais vraiment plus vers quelle paire me vouer pour la course 🙂

Après 500 mètres la douleur dans mon muscle soléaire était déjà intense. Après 4KM j’avais bien sélectionné le soulier que je voulais porter pour la course, mais il y n’y avait qu’un seul problème, je n’arrivais plus à marcher normalement.

Je suis rentré dans la maison, je me suis déplacé difficilement de la cuisine à la salle de bain en me disant qu’il était certainement impossible que je puisse courir 50KM dans moins de 15 heures.

Comme nous avions déjà payé l’hôtel et qu’un couple d’amis venaient avec nous, il était hors de question d’annuler ma course. J’ai accepté qu’il fût possible que je ne me rende qu’au premier ravito et que je me transforme en bénévole. Puis c’est là que j’ai débuté mon article de blogue que je pensais nommer « Chronique d’un DNF annoncé ».

Ensuite, j’ai massé mon muscle et découvert un nœud énorme, j’ai compris qu’il y avait de l’espoir, seulement, il faudrait que mon massothérapeute, Norbert Monast de Aromasso Concept, puisse me voir entre midi et 15 h, car nous avions prévu notre départ pour la Mauricie ce jour-là vers 15 h.

Je l’ai appelé et oh miracle il avait une petite fenêtre de 30 minutes de 14 h 15 à 14 h 45. Il a massé ce muscle, spécifiquement, pendant 30 minutes puis je suis sorti de son cabinet en marchant presque normalement avec l’espoir de pouvoir faire cette course finalement.

J’annonce donc avec plaisir que ma prochaine chronique, sera celle d’un autre ultra marathon réussi, et tout un à part ça, un des plus beaux auquel j’ai eu la chance de participer !

Chute du diable 50KM

Et mes blessures? Ne vous inquiétez pas, j’ai été sage et je n’ai rien aggravé pendant ma course. Je progresse avec des soins, consultation d’un physiothérapeute, consultation de mon massothérapeute, exercice de renforcement et amélioration de ma technique de course font partie de mon quotidien. J’ai bon espoir que tout va rentrer dans l’ordre très bientôt. Bon assez parlé de mes bobos, plus de détail à ce sujet plus tard dans un autre article.

Ah oui, j’ai même essayé les bas de compression, hum, je n’ai pas aimé. Je les ai enlevé après 5KM.

Chute du diable 50KM
Avant le départ, sourire nerveux et excité, avec Alessandra une amie du Club de Trail de Montréal.
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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Surentrainement ? J’en doute. Je dirais plus: « surcompétition », comme tu dis. C’est dur pour le corps, une saison chargée. L’année de ton premier ultra, tu en enfiles 4 (sans compter St-Donat et le Trans Vallée), alors c’est normal qu’il se plaigne un peu…
    Mais tout devrait rentrer dans l’ordre, je n’en doute pas une seconde. Il faut juste te laisser le temps de récupérer… après l’UTHC, bien sûr ! 🙂
    Bonne course la semaine prochaine !

    1. Julie Cloutier dit :

      Tu as raison Frédéric, le terme surcompétition est le bon. Je m’étais dit que je ferais des plus longues cette année, mais que je ferais moins de course, mais en fait j’ai fait le même nombre de courses que l’an dernier, mais souvent des courses 2 fois plus longues. Ça commence déjà à aller beaucoup mieux après 2 semaines de repos suite à la Chute du diable, donc je suis assez confiante. De plus, tant que je cours en sentier, tout va bien, c’est sur route que c’est plus difficile. Mais pour la route, j’ai 8 mois pour m’adapter avant mon marathon, ça devrait suffire 🙂

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