Ces défis, qui font peur, les petits comme les grands

Je donne des cours de spinning. Le problème est que je ne veux plus y aller parce que mes cours sont trop difficiles !

Des « sufferfest » je vous le dis, trop trop dur, vraiment très dur.

Bah, mais c’est toi qui donnes le cours me direz-vous, tu peux t’ajuster et faire un cours moins difficile.

Eh bien non, je n’y arrive pas, je donne le cours et c’est 100 % à chaque fois. Alors chaque lundi c’est pareil, je n’ai pas envie d’aller donner ce foutu cours. Oups, je ne devrais pas dire ça publiquement sur mon blogue. Ce n’est pas à cause des gens, ils sont super. Tous les participants sont vraiment le fun, tous travaillent très bien. La musique est bonne, enfin comme c’est moi qui la choisis, je ne vais pas m’en plaindre. Non, c’est juste qu’à chaque fois, je sors de ma petite zone de confort. Je sors de ma zone et je sais que ça va faire mal. Beurk, les pulsations dans le plafond, ce n’est pas agréable, je ne connais personne qui adore ça.

Et alors, tu vas participer à une course de 120 KM me direz-vous, tu ne viendras pas dire que tu n’aimes pas sortir de ta zone de confort.

Et bien ce n’est pas pareil, 120 KM en forêt, premièrement, on est dehors. Deuxièmement, c’est long, mais on n’est pas en « Treshold » cardiaque tout du long. C’est un autre genre de sufferfest LOL. Un long, très long et lent, très lent sufferfest, pas un court et très intense sufferfest.

Chacun ses goûts bons !

Toutefois, une chance que je le donne ce cours de spinning. Cela m’oblige à ajouter de l’intensité à mes entraînements. Parce que pour le moment, la motivation côté intensité, elle n’y est pas tout à fait.

En parlant d’entraînement

Dans mon dernier article, je parlais de ma philosophie à l’entraînement. J’ai oublié de mentionner qu’à l’approche de longues courses, j’inclus des longues sorties pour habituer mon corps à travailler plusieurs heures sur de plus longues distances incluant idéalement un peu de dénivelé.

L’an dernier, j’avais une course de 50 KM au début mai, j’avais donc commencé à ajouter quelques longues sorties à partir du début mars, jusqu’à la mi-avril.

En 2015, à la même date, j’avais  déjà fait plusieurs longues sorties, en prévision du 50 KM de Bear Mountain. Pas de chance à prendre, c’était mon premier ultra marathon ! Ne sachant aucunement ce qui m’attendait, j’ai été très structuré dans mon petit programme maison. En 2015, Bear avait lieu début mai, mon gros défi cette année aura lieu fin juin.

Hum, ce qui me donne donc un 8 semaines de « lousse », vu la date de fin juin pour mon gros défi.

Mais bientôt, très bientôt, je n’aurai pas le choix, fini le niaisage, go pour plusieurs longues sorties, go pour plus de D+ (plusieurs mètres d’ascension).

En fait, je rêve secrètement (bon plus très secrètement maintenant) de pouvoir accomplir un défi de 120 KM avec mes entraînements actuels de 8 KM par jour, 5 jours/semaine + un spinning. Zut, faut peut-être pas que je dise ça publiquement non plus.

J’attends le beau temps. J’ai besoin de soleil, de chaleur, rien que ça fera une différence sur ma motivation à l’entraînement, c’est sûr. Et puis ma petite butte au Parc, elle est encore toute boueuse, je ne veux pas démolir le sentier qui mène en haut.

Et puis il y a Strava

Maudit, Strava, 🙂 Pour ceux qui ne le connaissent pas, voir ici, c’est une application qui enregistre nos activités et produit des statistiques sur le nombre de kilomètres courus et le nombre de mètres de dénivelés gravis. Toutefois, la raquette et le ski de fond et bien ça ne compte pas pour Strava ! Donc rien par rapport à ces activités dans le total quotidien/hebdomadaire/mensuel de mon « training log » !

C’est pour vous dire, selon les statistiques répertoriées par Strava, pendant l’hiver, je cours plus que Kilian Jornet, un des meilleurs coureurs en sentier que la terre ait connus. Est-ce que ça veut dire que je m’entraîne plus que lui ? Certainement pas.

Strava
Killian 0, Julie 40 LOL

Donc, quand je regarde mon « training log » de 2016, il semble moindre que celui de 2015. C’est parce que j’ai fait plusieurs kilomètres et beaucoup de mètres de dénivelés en ski de fond et en raquettes. Strava, il « compute » XT pour quoi ? XT ?? X quoi ? X Training? Autre ? Bref il ne compte pas ces entraînements !

Ma plus grosse semaine d’entraînement en mars est répertoriée avec un maigre 8 KM de course !
Strava
Strava no compute XT

Leur slogan est quelque chose du genre « si ce n’est pas sur Strava, ça n’a pas existé ». Et pour moi, ça a le même effet, no compute = no exist. Cependant, ma condition physique est aussi bonne sinon meilleure qu’à pareille date l’an dernier.

Suprise Eurêka !

Et bien surprise, en écrivant cet article, en consultant le profil de Kilian Jornet, je viens de voir que Strava enregistre et produit des statistiques pour le total de kilomètres et dénivelés incluant les autres activités que la course. Il ne donne pas cette statistique dans le total des kilomètres du « training log ». Mais on peut trouver les totaux dans les graphiques sous notre profil.

Si je regarde le graphique bleu (voir image ci-dessous), je vois les vrais chiffres. Donc, mars = 3 739 mètres de dénivelé, 27h45 d’entraînement. Je suis contente, je ne pensais pas que j’avais accumulé autant de mètres  d’ascension en mars.

Strava

Si je fais un résumé  de 2015 vs 2016

2015

Janvier  2 015  : 196 KM, 19 h, 2 347 mètres D+.

Février 2015  : 175 KM, 19 h, 2 337 mètres D+

Mars  2015 : 308,2 KM, 30 h, 4  763 mètres D+

Avril 2015 : 242,5 KM, 23 h , 3  842 mètres D+

 2016

Janvier 2016  : 222 KM,  27 h, 2 744 mètres D+

Février 2016  : 176 KM, 22 h , 1 879 mètres D+

Mars  2016    : 211 KM,  27 h,  3 739 mètres D+

Ce n’est somme toute pas trop pire !

Et pour Kilian ? Il me bat plate couture 🙂

Mars 2 016  : 381 KM,  51 h, 42   147 mètres de D+  ! Quarante-deux-mille cent quarante sept, oui oui, 42 milles cent 47 mètres de dénivelé en 1 mois.

Et bien qu’y a-t-il alors ?

Et bien, la PTJ approche dans moins de 3 mois et je commence à avoir peur et à souffrir du syndrome de l’imposteur. Nous serons 16 coureurs, 8 équipes de 2. Tous sont probablement plus entraînés et plus expérimentés que moi. Une chance que j’ai un mental fort, eh oui, je l’ai amélioré mon mental l’an dernier. Lors de mon premier ultra, j’en ai été déçu et le reste de la saison, j’ai ciblé mes efforts et mes entraînements pour améliorer cet aspect. Cet aspect n’est donc pas celui qui m’inquiète le plus, je compte sur celui-ci comme un atout, enfin, je l’espère… L’aspect physique m’inquiète.

Ben oui chose, me direz-vous, tu n’y as pas pensé à ça quand tu as cliqué « Je m’inscris » !

Oui, oui, j’y ai pensé, mais j’ai aussi pensé que je suis capable de le faire. Je me connais et j’ai suffisamment d’expérience pour savoir que c’est possible pour moi de relever ce défi.

Des fois, je me dis, hum, peut-être que j’aurais du le dire à personne que je participais. Moins de pression… Mais j’avais envie de partager l’expérience, parce que j’y crois. Parce que je crois que je peux y arriver, parce que je crois que cela peut inspirer d’autres personnes à repousser leur limite, parce que j’aime recevoir vos encouragements pré-course et vos félicitations post-course. Ou encore vos mots de consolation si jamais j’échouais.

Ah non, faut pas aller là, ne pas penser que l’échec est possible.

Et alors, si jamais j’échouais, j’aurai essayé et j’aurai appris. Une chose est sûre, le matin de la course, je sais que je vais me dire, « môman, qu’est-ce que j’ai fait » et puis tout comme pour le spinning, parce que je ne peux faire autrement, je vais me donner à 100 %, je vais donner tout ce que j’ai et je verrai ou cela me mène. Si échec il y a, ce n’en sera pas un, j’aurai simplement trouvé mes limites, après tout ce sont elles que je recherche à chaque plus grand défi.

Ce sera très certainement une expérience extraordinaire indépendamment du résultat final. J’ai la chance d’avoir un partenaire extra, merci, Frédéric, de penser que je peux y arriver avec toi !

Je pense que le mieux que je puisse faire d’ici là est de me détacher du résultat, d’arrêter de dépenser mes énergies en oui, mais, oui, mais qu’arrivera-t-il si je n’y arrive pas, oui, mais qu’arrivera-t-il si je ne peux pas suivre la gang. Les oui, mais, ne me serviront à rien d’ici là. Le mieux que je peux faire est d’augmenter l’intensité et la durée de mes entraînements, de travailler mon mental, de visualiser l’arrivée, d’accepter d’avance qu’un tas de choses que je n’ai pas imaginées vont arriver, et de continuer de croire que je peux relever le défi, un kilomètre à la fois.

Et puis, un ultra-marathon, c’est simplement une série de hauts et de bas. Quand ça va bien, on en profite, puis quand ça va mal on garde confiance que ça ira mieux sous peu.

Publicités

7 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Richard Souaid dit :

    Super! Simplement Super!

    1. Merci Richard ! Il va falloir que je trouve la motivation pour la petite butte au parc. Je t’en donne des nouvelles très bientôt, à deux, ça peut aider !

  2. lucdancause dit :

    Allo Julie. Tout un défi que tu t’es lancé! Par contre, il s’agit d’une « trotte », donc la priorité à travailler me semble être l’endurance. Passer du temps sur tes jambes.

    Je dirais de t’habituer à courir lorsque fatiguée (bonk runs). Par exemple, faire une course en soirée et ensuite en faire une deuxième le lendemain matin lorsque tu n’as pas complètement récupéré.

    L’autre aspect à travailler (plus facile à dire qu’à faire): le mental. Ne pas se laisser démonter lorsque le moral est bas, développer le plaisir dans la souffrance et visualiser l’arrivée.

    Le fait de courir en équipe à du bon: cela vous permet de vous soutenir et de vous encourager mutuellement. Par contre, cela peux également jouer dans le sens contraire, si tu fais trop d’empathie avec ton partenaire qui verbalise ses difficultés, le bas moral peux te contaminer. La clé? Bâtir une confiance en soi: « failure is not an option ».

    Bon succès!

    Luc

    1. Merci Luc, pour ton commentaire. En effet, tout un défi que je me suis lancé. Oui une trotte, pas une course, alors endurance est le mot d’ordre c’est sûr. Bonne idée pour les courses quand je suis fatigué comme le concept des week-ends-chocs par exemple. Je planifie en effet quelques longues sorties « back à back ». Et le mental, mets-en, c’est tellement important, j’y travaille, j’y travaille… L’équipe, c’est sûr que ça va aider. Je pense que moi et mon partenaire pourrons nous entraider mutuellement sans tomber dans l’excès pour ce qui est de compter sur l’autre. Après tous, c’est à nous de relever ce défi, en équipe, mais aussi chacun pour soi. Mais bon, on verra, on va faire de notre mieux en tout cas.

  3. Valérie dit :

    Aaaahh merci, merci tellement d’avouer tes craintes, tes rêves secrets d’entraînement léger qui ferait des miracles, ton manque de motivation… Ça fait du bien à lire!!! Il n’y a pas que la motivation pour réussir… ça prend aussi de la discipline, de la persévérance et de la force mentale. Et tu en es un bon exemple!!!
    Amuse-toi bien dans tes défis! 🙂

    1. Merci de ton commentaire Valérie. Dommage qu’on ne se soit pas parlé lors de la soirée du Lancement de la saison du Club de Trail de Montréal. J’y étais aussi, mais ce n’est pas toujours facile de mettre des visages sur des noms ou comptes Instagram et blogues. En passant, bravo pour ton blogue et pour ta propre discipline en course à pied et ton « Commute running ». Je me suis moi-même inspiré de ce concept pour courir 5 à 6 fois semaine. Comme je travaille à la maison, je n’ai aucune possibilité de faire du « commute running ». Cependant, j’ai abordé ma pratique de la même façon en m’inspirant aussi de Joan Roch, en me disant que le temps que je sauvais en voyagement pour le travail, je pourrais bien le passer à courir. D’en avoir fait une habitude, ça m’a aidé pour la constance. Bonne chance dans l’atteinte de tes objectifs au plaisir de te croiser au CTM.

      1. Valérie dit :

        On se croisera certainement au cours des semaines à venir 🙂 Au plaisir!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s