PTJ 120 kilomètres, premier tiers, de 0 à 40.

Sur la route, des nomades arrêtés ?

Mon partenaire pour cette course de 120 kilomètres, Frédéric est passé me prendre à la maison autour de 8 h 45. Dan, le directeur de la course, avait bien dit de ne pas être en retard au meeting précourse qu’il donnait vers 11 h 30 au café O Hanna, dans le village à St-Donat, au risque d’être disqualifié avant même le départ donné. J’avais d’ailleurs rêvé quelques semaines auparavant que je travaillais le matin du meeting, que je n’arrivais pas à quitter le bureau et savais que j’allais manquer le meeting.

Nous sommes partis tôt et furent à l’heure. Sur l’autoroute  15 pour nous y rendre, il y avait pas mal de trafic, nous étions à de multiples reprises à l’arrêt derrière une roulotte ou il était écrit Nomade. Et moi j’y voyais là comme un message, nous allions être pendant plus de 24 heures deux nomades, forcer de ralentir à cause du terrain ou de la fatigue, comme cette roulotte qui n’avançait plus ou que sporadiquement.

Nomade

Pour une fois, la veille de la course, j’avais bien dormi, wow, vraiment une première. Probablement pour les deux raisons suivantes, la course ne démarrait pas tôt en matinée, donc pas de stress de passer tout droit et grâce à cela, je pouvais dormir chez moi avec mes oreillers de la bonne grosseur LOL

Et puis en nous rendant là-bas, pas encore de stress. Bizarrement, je pense que tout ceci m’apparaissait alors encore comme trop irréel pour me stresser. C’est dur à expliquer, mais je n’ai pas ressenti de stress avant la course.

Le lunch et briefing précourse

Une fois arrivé au restaurant, ce fut une ambiance festive. Nous avons super bien mangé, quoiqu’un peu trop. Mais c’était excellent. On nous a offert un excellent repas, salade verte, gros spaghetti, pain à l’ail auquel je n’ai pas touché, salade de fruit frais maison, café mockachino pour moi. Un beau petit resto.

Café O Hanna
Café O Hanna

Puis Dan nous a fait part des dernières instructions, il nous a remis nos superbes chandails en expliquant que la main tendue dessinée dessus se voulait un message d’entraide, parce que la PTJ est aussi une course pour laquelle on peut courir pour une cause. D’ailleurs, moi et Frédéric, dans le cadre de cette course, avons amassé de l’argent pour La Maison Bleue, un centre de périnatalité social, dont je vous ai déjà parlé ici dans mes articles de blogue précédent. Nous avons réussi à amasser 1470 $.

Café O Hanna
Le superbe chandail avec la main tendue, en signe d’entraide

Café O Hanna

Il nous a aussi remis nos dossards et montré le superbe sous-verre qui nous attendraient à l’arrivée si toutefois, nous arrivions à terminer la course dans le temps limite de 27 h 00.

Café O Hanna
Le superbe sous-verre
Team Blog Power
Nos dossards Team Blog Power

Un des participants nous a remis des barres Fruit2 et Fruit3 offertes gracieusement par Xactnutrition. Merci, à mes amis Lawrence Colswell et Marianne Raignault, propriétaires de la compagnie.

Puis Dan nous a parlé du parcours. J’ai appris que le kilométrage est un peu approximatif, j’imagine que c’est difficile de mesurer toute cette distance en montagne, quoi que je ne sache pas comment ils font à l’UTHC, mais je n’avais jamais rien vu d’aussi précis là-bas l’an dernier lors de ma participation au 65 kilomètres.

Aussi, il nous a dit que la section du kilomètre  40 à 60 est vraiment la plus difficile en terme de dénivelés et aussi en terme de type de sentier. Il nous met donc en garde de ne jamais arrêter d’avancer au risque de manquer de temps. Comme il fallait faire un aller-retour et que le point de retour se trouvait au kilomètre  60, il allait falloir passer cette section difficile 2 fois, back à back en pleine nuit.

Il note que les plus lents arriveront peut-être à la mi-parcours vers 7 h du matin, huh, non, ça marche pas pantoute ça. On part vers 14 h, on a 27h pour boucler le parcours. Si on arrive à mi-parcours vers 7 h, il nous serait carrément impossible de compléter dans les temps. Si on mettait plus de 17 h pour arriver à la mi-parcours, je ne vois pas comment nous serions de retour en dedans de 27h00.

Une belle naïveté

Naïvement, j’avais calculé les temps de passage comme si nous allions prendre le même temps à l’aller qu’au retour. Je n’avais quand même pas pensé faire un split négatif, mais je croyais qu’un split égal était possible. Mon article « Plan pour un 120 kilomètres » écrit précédemment à ce propos est on ne peut plus drôle quand je le relis par après. Mais ça, je le savais en l’écrivant, c’est pourquoi je l’avais terminé en disant « Et ça, c’est si tout se passe comme prévu».

J’avais en tête d’arriver au kilomètre  60 vers 2 h du matin, 12 heures après notre départ, parce que c’est ce que j’avais entendu dire qu’il était arrivé l’an dernier, une année où tous les coureurs avaient fait la première moitié groupée avec Joan Roch, meneur de la course. Cette année comme Joan n’y était pas, je ne m’attendais pas à ce que cette aventure se fasse en groupe, mais plutôt en équipe de deux simplement. Je savais aussi que j’étais la plus lente du lot, je l’ai dit plusieurs fois ici sur le blogue. Je savais aussi qu’il me fallait être très conservatrice au début pour être en mesure de compléter la distance et Frédéric, mon ultra partenaire et bien il n’avait d’autre choix que d’y aller à ma vitesse, lui étant beaucoup plus rapide, je n’aurais pu le suivre.

Toujours est-il qu’après le lunch nous nous sommes rassemblés devant l’église pour une photo avec le Maire de la ville. Dan donnerait le départ de cet endroit, ce qui nous donnait quand même un autre kilomètre pour se rendre au vrai départ, mais bon on n’était quand même pas à un kilomètre près. 🙂

Ultimate XC 120 kilomètres

Ultimate XC 120 kilomètres

Comme vous le voyez sur l’image, j’avais décidé de mettre à l’épreuve les vêtements jaunes éclatants Kari Traa. je portais donc ma camisole « Mari singlet » et mon bandeau « Myrbla ». Je voulais tester la durabilité avec le sac d’hydratation qui frotterait dessus pendant des heures ainsi que la facilité de nettoyage après coup, sachant qu’elle deviendrait tâchée par la boue. Petite parenthèse, le test fut des plus concluants, aucune éraflure causée par le frottement du sac, aucun frottement pour moi causé par la camisole et j’ai été capable de la ramener presque 100 % à sa couleur d’origine et croyez-moi, elle était sale après la course. Je l’ai finalement porté jusqu’au kilomètre  60. Merci à Kari Traa qui me fournit tous mes vêtements de course, été comme hiver.

C’est un départ

Une fois le départ donné, c’est là que j’ai ressenti la chaleur tout d’un coup et ce gros lunch que je venais tout juste d’avaler. Je prenais aussi conscience du poids de mon sac d’hydratation qui pesait 8  livres et avec lequel je ne m’étais pas beaucoup entraîné durant l’année.

Ça faisait drôle de partir en plein après-midi au gros soleil tout juste après avoir dîné. J’ai d’abord eu un point dans les côtes, mais ça a fini par passer. Tout ce beau monde courait bien sur la route, puis une fois entré dans les sentiers, la plupart courrait les montées. C’est donc dès cet instant que j’ai vu le groupe s’étirer et ce n’est pas long que nous nous sommes retrouvés derniers, comme je m’y attendais. Peut-être que j’aurais dû partir juste un peu plus vite, pour sauver un peu de temps de jour, pendant que j’avais de bonnes jambes fraîches. Aussi, j’ai perdu du temps au ravitaillement, par manque d’expérience. Mais comme je l’ai déjà dit dans mes articles précédents, le temps que ça a pris n’est pas vraiment important pour moi. Une meilleure gestion du temps est souhaitable et j’apprends donc de cette expérience.

Une fois dans les sentiers, dès que ça montait, je passais en mode marche rapide. Je ne voulais surtout pas me brûler en montant dès le début. Je savais que j’aillais me brûler à un moment donné, donc autant en retarder l’échéance le plus possible. 🙂

Toutes sortes de petits détails sans importance

J’ai ressenti que j’étais fatigué trop vite trop tôt et ça m’a dérangé, mais après coup, vu la distance, c’est comme si ça n’avait finalement aucune importance. Je me demandais si j’étais dans une mauvaise journée, mais dans une course aussi longue, des bonnes et mauvaises journées, on dirait que tu en vit plusieurs d’affilée, donc quand j’y repense ce n’était que de menu détails. Mais quand même si je rapporte ce que je vivais, je me rappelle m’être inquiété après une douzaine de kilomètres de me sentir pas trop dans mon assiette (je pense que c’est plutôt justement à cause de tout ce qu’il y avait dans mon assiette et que j’avais ingéré un peu plus tôt). Je me disais « pour qui tu te prends de penser que tu vas réussir à accomplir un tel défi ». Je réalisais là sur le moment, l’ampleur de la tâche. Probablement parce que j’avais peur, je ne m’y étais pas trop attardé avant, pendant les mois précédents le défi. Je veux dire, je savais que ça allait être dur, mais je ne m’y arrêtais pas trop. Là, je le vivais, je le voyais, je le sentais que ça allait être dur, très dur. Mais évidemment, au fond je n’ai jamais pensé que ce serait facile.

Puis il y a eu cette mini douleur au talon, et me voilà dans ma tête, oh mon dieu, j’ai mal sous le talon, je n’ai jamais eu ça, est-ce que ça va s’aggraver, etc. puis c’est passé. Encore un autre menu détail sans importance. C’est drôle, mais ce que j’essaie de dire ici est que finalement, il faut simplement avancer et accepter les choses qui arrivent pendant. De toutes petites choses sans importance prenaient de la place à cause de mon inquiétude. Ça fait drôle même en ce moment d’y repenser parce que c’était en fait vraiment de tout petits détails sans importance.

Nous avons donc traversé le Vietnam, passage ainsi nommé à cause des marécages de boue qu’il faut traverser, avant d’arriver à notre premier sac d’appoints du kilomètre  20. Quand nous sommes arrivés, Guy et Karine repartaient, nous ne les avons plus revus avant qu’ils nous croise à rebrousse chemin, tout de suite après qu’ils aient passé la mi-parcours, donc plusieurs, plusieurs heures plus tard.

Kilomètre  20, le festival de la mouche

Dès que nous nous sommes arrêtés, nous avons été assaillis par des centaines, que dis-je, des milliers de maringouins. Il ne fallait pas rester là, c’en était infernal. C’est là je pense que j’ai entendu Frédéric sacrer pour la première fois. Donc on arrive, trempé, par la sueur, mais aussi à cause du passage marécage/Vietnam. Et puis moi, qu’est-ce que je découvre dans mon sac d’appoints ? Et bien avec tous mon planning, je n’y ai pas mis de vêtements de rechange. Seulement ma lampe frontale de rechange et de la nourriture. Maudit que j’aurais payé cher pour avoir des bas secs au moins. Mais non, la seule affaire que j’y avais mise est un bandeau de rechange. Et bien, ce fut mieux que rien. Juste de mettre le bandeau sec, je me suis sentie un peu mieux. Il me faudrait attendre encore 40 kilomètres avant de pouvoir me changer. Nous avons donc rempli les gourdes (il y a avait des bacs à eau à notre disposition) pendant que les mouches s’en donnaient à cœur joie avec notre viande fraîche venue directement de la ville.

Puis nous sommes repartis, si on a passé 15 minutes là, ce doit être le maximum.

Section vraiment le fun et « facile » et montre qui commencent à détraquer

La section du kilomètre  20 à 40 a super bien été, je me sentais mieux et le parcours était un peu plus facile. Nous pensions avoir passé tout droit pour la cabane du lac à l’appel du kilomètre  40, ma montre avait commencé à enregistrer plus de kilomètres que parcourus. À un moment donné, comme ma montre affichait 47 kilomètres, je me suis dit, ce n’est pas grave si on a passé le chalet, on est presque rendu à 60, 13 petits kilomètres et on arrive mi-parcours. Mais, non, si mon souvenir est bon, voilà qu’on arrive à une section où il fallait passer dans un lac et une fois le lac traversé, le chalet à notre droite. Merde, c’est quoi le problème avec ma montre, elle affiche 48, mais on est à 41. Ça m’a donné un coup au moral.

Ultimate XC 120 kilomètres

Kilomètre  41, le chalet quel luxe

Le chalet, le grand luxe, j’ai enfin pu vider mes bas des cochonneries du Vietnam passé plusieurs heures plus tôt. Nous sommes entrés, j’ai pris un peu trop de temps, je pense. Fred ne m’a pas poussé dans le derrière. On est resté là peut-être encore 15 minutes. La bénévole disait, ce n’est pas le grand luxe, mais on est OK ici, et moi je me disais pas le grand luxe ??? Voyons donc, c’est hyper luxueux de pouvoir être à l’intérieur. Il y avait des sleeping bags sur des lits de bois, ça m’apparaissait tout à fait confortable. J’ai mangé, dans un verre en styromousse, un bouillon de poulet maison qu’elle nous avait préparé, miam, miam.

En tout cas, je ne saurais les remercier suffisamment d’avoir passé la nuit là, sans eux, nous n’aurions pas pu entrer à l’intérieur. Caroline Jean et Daniel Gadoury, je vous remercie !

D’ailleurs parlant de nourriture, ça a été un peu un problème. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai été incapable de manger du solide pendant toute la course. En fait, si j’ai mangé un total de 2000 calories, c’est beau. Au kilomètre  20, j’ai bu un de mes Ensure chocolat, super bon, 355 calories facilement ingestable en 3 à 4 gorgées. J’ai essayé de manger des Doritos et Pretzel mais je n’y arrivais pas, on dirait que je trouvais ça trop sec. Puis soupe au poulet et nouille bue rapidement dans un gobelet à la station du 40e. Pourquoi je n’ai pas mangé mes barres Fruit2 que j’avais dans mon sac, je ne sais pas ? On dirait que je n’y ai juste pas pensé.

Nous sommes repartis du 40e kilomètre, il devait être 21 h 30 environ et nous savions déjà que nous n’arriverions pas à y revenir pour 6 heures du matin le lendemain. J’avais calculé que le kilomètre  40 à 60, nous prendrais 5 h à cause de la noirceur ainsi que le retour du 60 au 40. Donc 10 h en tout avant de retrouver ce chalet sur le chemin du retour. Si tout allait comme prévu nous pourrions revoir ce chalet vers 7 h 30 du matin le lendemain. Nous accusions un léger retard sur l’horaire, si on considérait que je croyais atteindre la mi-parcours pour 2 h, nous allions plutôt probablement arriver vers 2 h 30 du matin.

Ultimate XC 120 kilomètres
Une tite baignade ?

La suite très bientôt.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Quel récit passionnant! Tu me donnes vraiment le goût de me lancer dans une première compétition de trail. Bravo Julie! Je lis la suite! 🙂

    1. Merci, Rémy, je suis contente que le récit te plaise et t’inspire à te lancer dans la course en sentier. Même si je ne l’ai pas beaucoup dit dans l’article, il y a des moments vraiment magiques en forêt dans ce type de parcours. Courir de nuit de surcroît peut être magnifique.

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