PTJ 120 kilomètres, deuxième tiers, de 40 à 80.

Au 40ème kilomètre, il nous fallait quitter le chalet grand luxe rapidement

Finalement, il ne devait pas encore être 21 h 30, quand nous avons quitté notre chalet Grand luxe du ravitaillement du 40e kilomètre, car la noirceur n’était pas encore réellement tombée. Nous avions pris le départ pour ce 120 kilomètres plus tôt en après-midi vers 14 h00, cela faisait donc envrion 7 h que nous étions en mouvement. On peut d’ailleurs lire la première partie de ce récit ici.

Il nous a fallu chercher notre chemin un peu pour éviter de nous retrouver dans le sentier du 38 kilomètres qui nous aurait alors menés sur le chemin Nordet. Il nous fallait aussi à de multiples reprises enjamber des troncs d’arbre, causant parfois de la confusion sur le chemin à suivre. Ce qui fait que nous étions à l’occasion ralentie ou carrément à l’arrêt, nous questionnant sur la route à suivre.

Pas longtemps après avoir quitté le chalet, il nous a fallu allumer nos lampes frontales.

Courir toute la nuit, était une des choses qui me faisait très peur avant ce défi

Je ne m’étais jamais retrouvée quasi seule en forêt en pleine nuit et je m’imaginais qu’il y aurait plein de moustiques, mouches noires, etc. Mais les bibittes, il semblerait que ça dort aussi, il n’y en avait plus une fois la noirceur réellement installée. Il était étrange d’être les derniers, cela voulait dire, plus personne derrière nous et seulement une dizaine de coureurs devant.

La nuit fut vraiment belle et agréable. Ce n’était pas facile, vu les montées et descentes qui se suivaient sans relâche, mais c’était très agréable et calme. Comme la température était plus fraîche, l’effort fourni pour avancer était moins intense.

Je me rends compte après-coup que ce dont j’avais le plus peur avant mon aventure était surtout relié à des détails extérieurs comme les bibittes, la nuit, le frottement des vêtements, les ampoules au pied, etc. Mais finalement, ce dont j’aurais dû avoir peur c’est le dénivelé. Un total de 5000 mètres de dénivelé, c’est comme de monter dans une échelle pendant 5 kilomètres. 2500 à l’aller et on recommence…

Monte descend, monte descend, encore et encore. C’est là que les montées et l’ampleur de la tâche ont commencé à me peser. Les kilomètres défilaient plus lentement. Je n’arrêtais pas de me dire que je n’aurais jamais pu faire cela seule, impossible. D’abord je n’aurais jamais eu assez confiance en moi pour tenter le coup. Vraiment c’est grâce à mon partenaire blogueur, Frédéric, et son idée de fou que j’y ai cru suffisamment pour tenter le coup. Cependant, tout le long, je n’ai jamais pu avoir une confiance totale que j’allais être capable de couvrir toute la distance.

Si on regarde la carte à nouveau, au bas on y voit le dénivelé, en fait il n’y a presque pas de plat. À part au début et à la fin du parcours, dès qu’on arrive en bas on remonte et dès qu’on arrive en haut, on redescend. Et il faut faire l’aller-retour @%*#@ ! argh. Ils sont fous ces Romains.

Ultimate XC St-Donat

Toute la nuit, nos conversations allaient bon train. C’est drôle je ne me rappelle plus du tout de quoi on n’a parlé. Puis en fait quand j’y repense, c’est surtout moi qui parlais, duh, vous en serez surpris 🙂 Frédéric, lui il disait, on ne sortira pas les cloches à ours, on jase assez que les ours devraient nous entendre venir.

Nous trouvions que le ravitaillement du 60e kilomètre n’arrivait pas vite, enfin, je dis nous, peut-être que c’était juste moi. Ma montre était complètement détraquée, elle accumulait des kilomètres 3 fois plus vites que normalement. Je ne voulais pas achaler Frédéric toutes les 5 minutes pour savoir ou nous étions rendus, mais je pense que je l’ai fait quand même. T’es rendu à combien de kilomètres, wow ma montre en affiche  12 de plus, t’es rendu à combien, wow, 15 de plus, je n’avais donc plus aucun repère de temps et de rythme.

Enfin arrivé mi-parcours

Nous sommes finalement arrivés à la mi-parcours. Ce fut plaisant de voir les deux très gentils bénévoles qui nous attendaient, dont mon ami Guy Leclerc et Mario Caron. On a mangé rapido, une saucisse, un café et on s’est changé. Nous y étions vers 2 h 40, nous avons quitté pour entamer le retour vers 3 h du matin. Nous avions pris 13 h pour nous y rendre et nous avions 14 h pour revenir. Hum, ça me semblait un peu juste. Somme toute, je me sentais très bien. Par rapport à la fin de  mon 65 kilomètres UTHC l’an dernier ou je ne me sentais pas trop mal, là j’étais vraiment bien.

Toutefois, il restait encore à nous retaper cette portion difficile de 20 kilomètres que nous venions de terminer. Aller on a la moitié de fait j’étais de bonne humeur ! Mais le down m’a rattrapé une fois partie. OMG il faut tout refaire à l’envers, c’est dans la première montée que ça m’a frappé. Qu’ou dont, on l’avait dont ben descendu longtemps celle-là, je ne l’avais pas vu passer, parce que j’étais de bonne humeur à la descendre à l’aller si près de la mi-parcours.

En repartant j’avais froid, je venais de me changer pour un t-shirt sec, encore du jaune, mon t-shirt Kari Traa Mari Tee, j’avais aussi mit mon chandail à manche longue par-dessus et enfilé mon capri 3/4 Kari Traa Mari. Mais après 5 à 10 minutes en mouvement, j’ai retiré le chandail manche longue, maudit que ça réchauffe vite de gravir des montagnes.

Levée du soleil

Le soleil s’est finalement levé doucement quelques heures plus tard. C’était beau.

120 kilomètres Ultimate XC

Comparer à mes habitudes, j’ai pris très peu d’images pendant cette course, parce que franchement, je ne croyais pas en avoir le temps. De plus, tout effort superflu me semblait de trop. J’ai quand même pris quelques clichés rapidement au lever du jour.

Vers 4 ou 5 h du matin, j’étais surprise de ne pas avoir sommeil du tout. J’ai baillé pendant peut-être 15 à 30 minutes autour de 5 h 30 puis plus rien, pas sommeil du tout. Cependant, au lever du soleil, je trouvais la lumière pareille à celle du coucher de soleil. Mon horloge interne était un peu dérangée, on m’aurait dit qu’il était 20 h plutôt que 6 h du matin que je l’aurais cru.

120 kilomètres Ultimate XC

À la noirceur, nous étions plutôt en forme, mais ça n’avance pas vite parce qu’on voit moins bien. Toutefois, plus tard dans la journée, il faisait clair, mais la chaleur s’est mise de la partie et j’étais fatigué donc beaucoup plus lente. Donc est-ce que de traverser la nuit au début du parcours n’est pas plutôt un inconvénient ? J’aurais tendance à croire que oui, mais il me faudra tester pour le savoir, ah la maudite curiosité.

Quand t’es dedans, c’est pas si pire que ça

L’an dernier, j’avais assisté au départ de cette course et j’en avais parlé dans cet article de blogue. Je n’en revenais tout simplement pas que ces coureurs avaient été en mouvement toute la nuit ainsi qu’au petit matin pendant que je déjeunais tranquillement avant mon départ pour le 38 kilomètres. Cette année, pour notre course, sur le parvis de l’église avant notre départ, des gens s’étonnait de la même manière et j’ai entendu Frédéric leur répondre, « quand t’es dedans, ce n’est pas si pire que ça ». Et bien, je confirme, je sais que c’est dur à croire tant qu’on ne l’a pas vécu, mais en effet quand on est dedans, ce n’est pas si pire. Enfin, on est pas encore rendu à la fin de cette affaire-là. Mais la nuit et tôt le matin, ça allait encore…

Je me rappelle toutefois que je disais à Frédéric, rendu en haut du prochain sommet, je prends une minute pour m’étirer, je le mérite. Et lui de m’attendre… Sur une roche plate, avec une vue imprenable, je lui ai dit, il me semble que je ferais du Yoga ici, maintenant LOL, mais toi mon Fred, je ne te vois pas faire du Yoga, c’est qu’il n’est pas très flexible le gars, c’était visible chaque fois qu’il fallait enjamber un tronc d’arbre, seul avantage que j’ai eu par rapport à lui pendant ce défi. Mais maudit qu’il grimpe, je ne sais pas si vous le connaissez, mais c’est un tout un grimpeur. Vous pouvez être bien certain que je n’ai été pratiquement jamais devant, surtout dans les montées.

120 kilomètres Ultimate XC
Notre grimpeur, de bonne humeur, dans son élément. C’est qu’on l’avait descendu la veille celle-là et toutes les autres…

De retour au chalet grand luxe

Nous sommes « rearrivés » au chalet grand luxe autour de 8 h00 je crois, accusant un retard de 1h00 à 2h00 sur l’horaire que j’avais prévu. Ouin, il ne faudrait pas négliger la fatigue qui s’accumule dans ce genre de calcul naïf élaboré dans mon article de blogue « Plan de match pour un 120 kilomètres en sentier » ni le temps que l’on passe au ravitaillement.

Une fois rendu au chalet, nous y sommes entrés et j’ai pris encore un peu trop de temps, peut-être 15 à 20 minutes. Je commençais réellement à être de plus en plus fatigué. Je voulais m’étirer un peu, juste quelques minutes. Je me suis même allongé (pas plus de 2 minutes, je le jure LOL) sur le lit de bois pour m’étirer les quadriceps et le bas du dos. Je n’ai encore pas mangé grand-chose, je ne me souviens même pas avoir mangé là en fait.

Mais au moins, sous peu nous allions commencer à croiser les vrais ravitaillements des autres distances, je rêvais de Coca-Cola.

120 kilomètres Ultimate XC

Nous venions de compléter notre deuxième marathon, nous sommes donc repartis pour le troisième et dernier marathon.

Suite à venir.

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Je comprends que c’est mieux de s’attaquer à cette distance à deux. J’avais pas réalisé que ça équivalait à trois marathons! Good job! Je lit la suite et fin.

    1. Eh oui, 3 marathons, mais ce n’était pas cela le pire. Les 5000 mètres de dénivelé étaient quant à moi le vrai défi. En effet, d’être en équipe a fait toute la différence pour moi. J’avais déjà parcouru sans problème 65 kilomètres solo, mais pour celle-ci, je ne l’aurais pas réussi si j’avais été seule. Tu vas voir dans le dernier récit, c’est pour le 3e marathon que ça se corse vraiment 🙂 Bonne lecture.

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