Mon marathon de Boston – Partie 2 – Première moitié de course

Marathon de Boston 2017, 30 000 coureurs, 30 000 histoires, voici la mienne.

En espérant que j’arrive à vous communiquer la magie de cet événement.

Pour lire la première partie de ce récit, soit quelques jours avant la course, cliquez ici.

Ma préparation pour le marathon de Boston était on ne peu plus minimale. Je l’ai déjà dit, suite à ma grande course de 120 kilomètres en juin 2016, la motivation à l’entraînement avait baissé fin 2016. Le marathon d’Ottawa en mai 2016 m’avait donné ma qualification pour Boston. Avec un temps de 3 h 46, j’étais 9 minutes sous les standards féminins 45 ans et plus pour Boston. M’assurant ainsi une place sur la ligne de départ pour 2017.

Toutefois, en septembre, le jour des inscriptions, j’hésitais à m’inscrire, mais je décidai que l’occasion était trop belle pour manquer ça. Qui sait si j’aurais à nouveau cette chance de participer à ce marathon mythique.

Encore une idée de mon Partner de course, Frédéric. Il m’avait dit, « tu sais que tu pourrais probablement te qualifier pour Boston dans le groupe 45 ans et plus ». Même si j’avais alors 44 ans, la règle dit qu’il faut avoir 45 ans le jour du marathon de Boston. Comme le marathon d’Ottawa faisait office de longue course d’entraînement pour mon 120 kilomètres, ça tombait bien. J’étais à ce moment-là très bien entraîné pour conquérir la distance.

Boston, côté entraînement, et bien ce fut autre chose. Après 2 mois d’arrêt de course à pied, vers la mi-février, je n’avais pas très envie de m’y mettre, mais il ne me restait que 9 semaines, je n’avais pas vraiment le choix si je souhaitais prendre le départ le 17 avril. Je me suis donc donné comme objectif de courir suffisamment, juste assez pour pouvoir prendre le départ et espérer compléter. Surtout, mettre toutes les chances de mon côté de ne pas me blesser pendant la course.

Je n’avais pas envie de courir de longues distances, j’ai donc décidé de ne pas en inclure dans mes entraînements. Avec l’expérience, je croyais pouvoir prendre ce risque. J’acceptais d’en assumer les conséquences s’il le fallait. Je me remis donc à courir 3 fois par semaine, puis 4 fois, puis 5 fois. Deux semaines avant le marathon, probablement une conséquence de mon arrêt de course suivi d’un retour pas très progressif, je me suis retrouvé avec un tendon d’Achille très douloureux. Je consultai mon physiothérapeute 6 fois en deux semaines, je vis mon acupunctrice 2 fois et fit des exercices de renforcement 3 fois par jour.

Mon VO2 Max n’était pas non plus revenu à son meilleur, je le voyais bien en entraînement. L’amélioration était cependant flagrante à l’intérieur de ces 9 semaines. Toutefois, je me disais que 12 semaines auraient été bien mieux. Mais trop tard pour revenir en arrière, il fallait vivre avec les conséquences de mes décisions.

La veille de la course, je ne savais plus si je pourrais compléter à cause de mon tendon qui était alors très douloureux. Le matin, j’étais très optimiste parce que mon tendon allait beaucoup mieux, mieux qu’il n’avait été lors des 2 dernières semaines. Restait tout de même à enchaîner tous ces kilomètres. Je décidai de tenter le chrono sous les 4 heures.

Avant le départ

Le matin, c’était impressionnant de voir tous ces autobus qui allaient transporter des dizaines de milliers coureurs de Boston à Hopkington, le village dans lequel nous allions passer cette fameuse ligne de départ peinte à la main.

L’ambiance était à son meilleur. De la musique, du soleil, de la chaleur, que demander de mieux ?

À Hopkington en attente du départ. À droite, les files pour aller aux toilettes !

Nous marchons un bon bout de temps pour nous rendre à notre corridor de départ.

Étant novice ici à Boston, je ne me méfiais pas trop, j’avais cet air insouciant de celle qui ne sait pas dans quoi elle s’est embarquée !

Les coureurs, ayant déjà fait Boston, semblaient avoir cette mine un peu plus sérieuse.

Durant l’attente dans notre corridor, un crayon était passé d’un coureur à l’autre, nous permettant d’écrire nos noms sur nos bras, afin que les spectateurs puissent nous encourager par notre prénom. N’oublions pas que j’étais positionnée dans le 3e des 4 corridors, je doute que les coureurs du premier corridor se soient amusés à écrire leurs noms sur leurs bras avant de partir !

Toujours en se rendant dans nos corridors de départ.

Le départ

Tout d’un coup, la procession avance de plus en plus et ça y’est, je passe la ligne de départ.

Kilomètre  0, ah non, j’ai envie de pipi. Zut et re-zut.

Nous sommes tellement cordés serré qu’après le premier mile, il y a des toilettes, mais je ne peux les rejoindre, étant incapable de traverser la route de droite à gauche. Je réussis enfin à rejoindre des toilettes au 3e mile.

Et c’est un départ, il y a du monde à la messe !

Une fois soulagé, je peux enfin être attentive à mon entourage. Je n’en reviens pas de la procession de spectateurs. C’est non-stop du début à la fin. C’est superbe, on traverse des villages les uns après les autres et il y a du monde partout, des gens crient, d’autres sonnent de cloches, certains nous encouragent en nomment nos noms !

L’ambiance

Je n’en reviens pas, je ne m’attendais pas à autant d’ambiance. Je tape dans les mains des enfants, remerciant chaque fois les gens qui nomment mon nom. Les spectateurs nous remercient même d’être là et de courir ! Plusieurs coureurs semblent vouloir conserver leurs énergies, mais pour moi, c’est la fête.

Je ne peux m’arrêter de sourire tellement c’est spécial.

À un moment donné, le party est pris autour d’une maison, mais voilà que le garage semble prendre feu. Tout le monde court avec des tuyaux d’arrosoirs, pour l’éteindre. J’espère qu’ils s’en sont sortis sans trop de dommage. Je ne suis pas resté pour le savoir.

Au passage du 13e kilomètre, je me dis, voilà, ma plus longue sortie depuis septembre dernier.

Mon tendon devient douloureux et la douleur s’intensifie du km  8 à 15, je suis un peu inquiète, puis la douleur s’estompe, il se réchauffe on dirait. Le corps est une machine incroyable !

Les kilomètres défilent, ça va bien. Je passe le demi-marathon tout juste sous 2 heures, 1 h 59 min 59 s ! J’espérais 1 h 50, mais il est difficile de calculer quelque rythme que ce soit avec les montées et descentes de ce parcours.

Un homme court son 24e consécutif ! Les gens l’encouragent.

J’aperçois une fille qui porte des vêtements Kari Traa, je tente de la rattraper, elle est trop vite pour moi. J’aurais voulu lui dire bonjour.

Nos pieds restent collés à terre au passage des stations de gatorade !

Plusieurs gens sont installés sur des couvertes avec des pique-niques, prêt pour passer la journée dehors. Une très belle journée d’été, il faut dire.

Il y a des cloches, les gens crient sans arrêt, c’est incroyable.

C’est très chaud, plus chaud qu’à Ottawa l’an dernier, il faut dire que le départ était à 11 h, contrairement à Ottawa qui était à 9 h, je crois. Je m’asperge d’eau fraîche sur la tête à chaque ravitaillement. Mais Alleluia, on a souvent un bon vent de dos, ça aide énormément. Toutefois, plusieurs coureurs sont inquiets de la chaleur.

Pendant ce temps, mes supporteurs, mon conjoint Lambert et son père, se la coule douce à Boston.

Vous avez aimé? Vous voulez connaître la fin de l’histoire? Pour lire la troisième et dernière partie de ce récit, soit la deuxième moitié de la course, cliquez ici.

Le papa de Lambert à gauche.

Décidément, encore des patisseries ! Moi je cours ma vie pendant ce temps LOL

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s