Il ne faut pas écouter Météomédia

La fin de semaine dernière j’étais de passage à Québec pour rendre visite à mon père. Je voyageais seule et je pris une chambre à l’hôtel Le Concorde. L’hôtel date un peu, mais il est tellement bien situé que j’y retourne souvent malgré quelques désagréments, sur lesquels je ne m’étendrai pas.

Après une très belle journée en compagnie de mon père, le soir venu, je me rendis à l’hôtel. Il était autour de 21 h et j’avais envie d’aller faire un tour dans la section-bar du « restaurant qui tourne » tout en haut. Ils y servent de bons Gins et ceux qui me connaissent  un peu savent que j’adore le Gin.

Je décidai donc de m’y rendre malgré que j’irais seule. On y prend un ascenseur qui monte au Ciel (nom que porte le restaurant).

« L’ascenseur panoramique », il est entièrement vitré, la vue est très belle.

Une fois là-haut, l’hôtesse (c’est-tu comme ça qu’on dit ?) me reconduit à une table.

Et puis rien… J’y restai environ 15 minutes, j’eus le temps de lire le menu trois fois, (d’en prendre une photo !), de voir les serveurs très occupés passer devant ma table sans me voir. Le bus boy remplissait les verres d’eau de tous les clients, sans même s’apercevoir de ma présence. Non, mais est-ce qu’il y a quelque chose de plus désagréable que de se sentir invisible quand on s’assoit seule dans un bar pour boire un verre ! Je décidai donc de trouver un autre endroit. Je parcourus la rue Grande-Allée sans succès, ou bien la clientèle était trop jeune ou bien l’endroit trop bruyant, mais rien d’une ambiance « Lounge » comme j’aurais aimé. Je remontai donc à ma chambre prendre un café, puis dodo. Je me dis, zut et re-zut, plutôt que de perdre presque une heure à chercher un endroit pour prendre un cocktail, j’aurais dû aller courir, il faisait si beau.

J’avais même espoir de boire le fameux « Gimlet » qu’on ne trouve pratiquement plus nul part !

Toutefois, j’avais aussi dans mes plans de courir le lendemain matin. Québec est une si belle ville, je ne manque jamais de sortir courir quand je suis de passage.

Je ne mis pas de réveil, me disant que je me lèverais quand je me réveillerais. Vers 5 h 30, le réveil sonna, oups un oublie du client précédent qui était, semble-t-il, un lève-tôt. Puis 6 h, les voisins jasant via Internet avec leur famille à Paris. Quand je vous dis famille, je parle ici d’une conversation à plusieurs, une téléconférence de laquelle je pouvais comprendre chaque mot. Finalement, après qu’ils eurent terminé leur conversation de groupe, je pus me rendormir un peu et me réveillai à nouveau vers 8 h.

Aller, quel temps fait-il ce matin ? Ouf, un temps plus que merdique, gris, pluvieux et très venteux. Tout ce qu’il y a de plus motivant. Je jette un œil à Météomédia, des fois qu’ils annonceraient de bonnes nouvelles, mais non.

Le gros titre Météomédia de la journée ? « Une journée pour rester à la maison ».

Je n’ai pas prévu de manteau coupe-vent dans mes bagages, bof, va falloir mettre plusieurs épaisseurs de Merino.

Aller, je m’élance, brrr, frisquet. Mais, tellement beau, dès les premières foulées, wow, les couleurs sont vibrantes finalement. Même avec cette grisaille, on dirait que le vert est plus vert, le jaune et l’orange des feuilles aussi. Et bien, ce n’est pas si mal, c’est même pas mal ! D’ailleurs, ils me font rire les gens qui te regardent avec pitié quand tu leur dis que tu es sortie courir par un temps comme celui-là. Mais bon, ça, c’est pour un autre récit peut-être.

Poursuivons… J’adore descendre dans le Petit Champlain depuis le Concorde. J’emprunte la descente de la terrasse Dufferin et aujourd’hui, je me retrouve devant le Château Frontenac, sur une promenade déserte ! Whoa, c’est plus que rare de ne voir personne à cet endroit. Je me dis que les gens doivent tous être en train de déjeuner, bien au chaud.

Je descends ensuite la côte de la Montagne. C’est de la petite bière ce trajet au début, car on ne fait que descendre depuis le Concorde, jusqu’au Petit Champlain. Je décide alors de me rallonger un peu en allant faire un tour sur la rue Saint-Pierre. Mon plan est de revenir par la côte Gilmour (voir mon trajet sur Strava pour vous orienter), mais pour l’heure, je me dis que ce sera trop court alors j’opte pour une ballade rue Saint-Pierre et rue Saint-Paul. Et la magie opère, je suis en mouvement, je me sens vivante, je peux admirer au passage de multiples œuvres d’art dans les vitrines des Galeries d’art, ce qu’elles sont belles ! C’est incroyable comment on peut voyager tout près de chez soi. Je passe devant une savonnerie, ça embaume les bonnes odeurs, je flotte, j’adore ces moments ou l’on a la sensation délicieuse de courir sans effort.

Il est temps de rebrousser chemin, je reprends sur Saint-Pierre, puis j’emprunte ensuite le boulevard Champlain, et me voilà à courir au bord du fleuve, c’est magnifique. Le temps a beau être gris, froid et venteux, c’est superbe. J’aperçois ensuite la rue du Petit Champlain, je longe la falaise et ces maisons construites à sa base, c’est impressionnant, plusieurs maisons centenaires semblent minuscules face à cette falaise à pic.

Je croise l’escalier du Cap. Impossible de ne pas grimper ses 400 marches ! Je monte à un bon rythme, puis redescends. Il aurait été possible de rentrer à l’hôtel une fois rendu en haut, mais j’ai bien l’intention de remonter par la côte Gilmour.

Je reprends donc le boulevard Champlain me dirigeant vers l’Ouest. À un moment donné je commence à me demander si je n’ai pas manqué l’entrée de la côte pendant que j’étais sur la rue du Petit Champlain, maudit qu’elle est loin. Je croise un panneau m’indiquant que j’entre dans l’arrondissement Sillery/Sainte-Foy, je suis de plus en plus incertaine. Je décide de continuer jusqu’au prochain viaduc pour voir. Et puis la voilà, j’y suis. C’est que je commence à être gelée. Aller, je grimpe un bon kilomètre il me semble, me retrouvant à nouveau sur les Plaines, encore un petit kilomètre et je pourrai me réchauffer.

Une fois arrivée à l’hôtel, plusieurs touristes ont un drôle de regard pour moi. Je suis complètement détrempée. Mais oh combien contente. Ces moments de course en solitaire dans des conditions qui sortent de l’ordinaire restent souvent gravés dans ma mémoire comme mes meilleurs souvenirs. Je les collectionnent, ils me rendent heureuse et me donnent raison de sortir courir !

En tout cas, ça vaut mille fois la recherche d’un cocktail de fin de soirée.

 

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